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Identifier les clés de la réussite pour la reproduction en bovins allaitants

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Idele - Identifier les clés de la réussite pour la reproduction en bovins allaitants
En race aubrac, les élevages dits « robustes » se caractérisent par une baisse de 7,6 % de la mortalité avant sevrage, seize jours d’IVV de moins entre le 1er et le 2e vêlage et un gain de la productivité globale de 11,8 % par rapport aux élevages dits « faibles ». © Watier Visuel

À partir des résultats du contrôle des performances, l’Institut de l’élevage a mis en exergue plusieurs leviers pour accroître la productivité des troupeaux.

«Alors que les élevages allaitants font face à une rentabilité dégradée, à un accroissement de la taille des cheptels et à une moindre disponibilité de la main-d’œuvre, un questionnement se pose quant au suivi de la reproduction des bovins », rapporte Philippe Dimon, de l’Institut de l’élevage (Idele). À cela s’ajoutent les effets du changement climatique (lire l’encadré), qui, selon leur intensité, peuvent perturber la reproduction.

Déterminer clairement les périodes de vêlage

Pour y voir plus clair, l’Idele et France Conseil élevage se sont penchés sur les données de Reproscope et Bovins Croissance. « L’idée était de caractériser les performances de reproduction actuelles des principales races allaitantes en France et de cibler les stratégies gagnantes dans la conduite de la reproduction », indique Aurélie Blachon, de la chambre d’agriculture de Haute-Garonne. À travers les données de performances de reproduction, les élevages allaitants peuvent être classés en trois groupes traduisant leur résilience (1). « Ils sont qualifiés de robustes, moyens ou faibles suivant les niveaux plus ou moins élevés de leur productivité pratique (%) sur cinq campagnes consé­cutives », explique Philippe Dimon.

« L’une des stratégies gagnantes dans la conduite de la reproduction est d’identifier clairement ses périodes de vêlage, poursuit Aurélie Blachon. Sur l’exemple de la race aubrac, parmi les élevages robustes, 62 % d’entre eux regroupent au moins 80 % de leurs vêlages sur trois mois consécutifs. » Le fait de concentrer les vêlages induit des gains techniques importants, tant sur le taux de mortalité au sevrage que sur l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) moyen du troupeau. « Le temps de travail est optimisé et la maîtrise sanitaire est renforcée, estime l’experte. De même, le groupement des vêlages permet une meilleure gestion des chaleurs et de l’alimentation, avec davantage de lots formés en fonction des besoins physiologiques. »

Cette stratégie peut se traduire par une plus-value à la vente, grâce à des lots plus homo­gènes. Par ailleurs, les élevages robustes recherchent un taux de renouvellement optimal et pratiquent l’insémination artificielle de façon plus importante.

Des disparités entre races

Sur les dernières campagnes 2018 et 2019, les races aubrac et salers affichent l’âge moyen au premier vêlage le plus précoce, à 35 mois de moyenne. Pour la charolaise et la limousine, il s’établit à 36 mois. La blonde d’Aquitaine est la plus tardive, avec un âge moyen de 38 mois. S’agissant du taux de mortalité au sevrage, les races rustiques passent sous la barre de 5 %, quand la charolaise et la blonde d’Aquitaine ont un taux supérieur à 9 %. La limousine se situe entre les deux (7,1 %).

Concernant l’IVV, « les principales races à viande sont loin de l’objectif de 365 jours », souligne Aurélie Blachon. L’IVV moyen du troupeau allaitant français oscille de 392 jours pour l’aubrac et la salers à 431 jours pour la blonde d’Aquitaine.

Lucie Pouchard

(1) Capacité d’une exploitation à faire face aux aléas tout en maintenant ses performances techniques.

Un impact au long cours des aléas climatiques

Pour prendre davantage de recul, la productivité globale (nombre de sevrés par rapport aux vaches présentes) des principales races a été retracée entre 2010 et 2019. « Si la tendance est à la quasi stabilité pour l’aubrac (à 99,1 % en 2019), des orientations baissières sont observées chez les autres races, notamment en blonde d’Aquitaine, qui est passée de 88,8 % en 2015 à 85,3 % en 2019, analyse Aurélie Blachon. La dégradation des résultats s’est accélérée en partie à cause des effets climatiques et des problèmes sanitaires sous-jacents. » La comparaison des résultats de 2010-2011 et de ceux de 2018-2019 met en évidence un accroissement du nombre de vaches improductives dans toutes les races.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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