Le T6.180 Methane Power, c’est le seul tracteur agricole du marché, doté d’un moteur thermique carburant à autre chose que du GNR. C’est même aujourd’hui, le seul tracteur standard de cette puissance, fonctionnant à autre chose que du Diesel. Après plusieurs années de recherche et de développement, le produit est finalement entré en commercialisation. Le constructeur nous a permis de prendre le volant de cette version finale et donc vendue dans le réseau. Transport, chargement de balles ou encore entretient des accotements, nous avons pu tester ce tracteur sur trois activités bien différentes, sollicitant la prise de force, le couple ou la réactivité.

Un 6 cylindres au gaz

Technologiquement parlant, ce tracteur reprend les grandes lignes des T6 Electro-Command Classique. Il est muni d’un 6 cylindres FPT développant une puissance maximale de 155 ch (175 avec le boost). Les différences sont plutot autour du moteur et du réservoir. Pour le premier, si la cylindrée de 6,7 l est identique, la culasse, l’injection ou encore le calculateur moteur, sont propres au T6 Methane, qui utilise donc du GNV ou du bio-GNV. Pour le réservoir, la version définitive intègre ses bonbonnes en lieu et place du réservoir de GNR. En complément, d’autres bonbonnes peuvent être placées à l’avant du tracteur. Si cette solution fait gagner en autonomie, elle fait perdre en polyvalence. En effet, selon la réglementation, le système doit être boulonné sur le châssis. Le tracteur ne peut donc plus disposer d’un relevage avant ou d’un chargeur frontal. 

Une offre limitée

Une seule puissance et une seule transmission sont aujourd’hui proposées. Le T6 au méthane est forcément un 6.180, muni de la semi-powershit Electro-Command. Elle est composée de 4 gammes et 4 rapports sous charge. C’est la solution la plus basique qui est montée aujourd’hui sur les T6. Le constructeur justifie ce choix, car elle était la plus simple à adapter, dans un premier temps, notamment au niveau des calculateurs moteur. Si le New Holland ne ferme pas la porte à d’autres transmissions dans l’avenir, il nous confirme que ce n’est pas pour demain.

GNV contre GNR

En démarrant ce tracteur, la première remarque c’est le bruit, plus faible et presque plus clair que celui de la version au GNR. L’absence, presque totale, d’artifice dédié à la dépollution n’y est pas innocente. En effet, le stage V est ici atteint uniquement avec un simple catalyseur trois voies. Adieu donc fap, ADBlue et autre vanne EGR.

Nous commençons par utiliser notre T6 au transport, lesté d’une benne TP chargée de terre. L’ensemble affiche un poids total d’environ 31 tonnes. Pour aller plus loin dans cet essai, le constructeur nous avait également mis à disposition un second ensemble tracteur-benne similaire avec transmission, puissance et chargement identiques. Le premier utilise du méthane quand le second avance au GNR. En passant de l’un à l’autre, la conduite est très proche pour ne pas dire la même. Le T6 au méthane réagit très bien, sinon mieux que son homologue, que ce soit pour monter les rapports en dessous des 2000 tr/min, ou pour passer de 20 à 40 km/h.

Parmi les autres activités, nous avons utilisé un second T6 Methane, muni cette fois d’un chargeur frontal, en manipulant quelques balles rondes. Notre modèle était équipé d’un chargeur 745 LA, avec des commandes électrohydrauliques. Dans une utilisation placée plutôt sous le signe de la précision que de la nervosité, ce tracteur était également dans son élément. Dommage que la transmission ElectroCommand soit dépourvue du système pour s’arrêter juste avec la pédale de frein. Après quelques instants au volant de ces T6, nous oublions rapidement leurs singularités, tant leur fonctionnement, depuis le poste de pilotage, est très porche des modèles standards. Il ne faudra tout de même pas oublier de surveiller la jauge à carburant, qui descend plus rapidement.