C’est dans une recherche d’alternatives au possible retrait du glyphosate que le projet SOLutions ACS a vu le jour. En effet, l’agriculture de conservation des sols (ACS) a été identifiée comme un système à soutenir dans l’attente de solutions alternatives à l’usage de la molécule.

Pour identifier les leviers les plus pertinents et durables pour gérer les adventices dans ce type de système, cinq plateformes de démonstrations ont été installées (dans la Sarthe, l’Indre-et-Loire, la Charente-Maritime, le Jura et à partir d’octobre 2020 dans l’Oise) chez des céréaliers sans irrigation et en ACS. Parmi les leviers mis en œuvre : la rotation (avec deux cultures d’automne suivies de deux de printemps), des outils de destruction « alternatifs » (rouleau type faca, broyage, fauche suivie d’export). Le levier chimique a, lui, été employé en dernier recours, afin de rester dans l’objectif de réduction des herbicides.

Quatre itinéraires techniques ont été comparés : celui avec glyphosate, le témoin sans cet herbicide, la dose réduite et le scalpage. « Nous avons fait le choix de les comparer à cette technique, qui n’est pas une modalité en ACS mais plutôt en techniques culturales simplifiées (TCS) avec un travail superficiel sur les 3 à 7 premiers centimètres », précise Alicia Regis, de l’Association pour la promotion de l’agriculture durable (Apad).

Plusieurs indicateurs comme le suivi des adventices, l’indice de fréquence de traitement (IFT), le rendement, la marge brute ont aussi été suivis tout au long de ces 33 mois de projet pour mesurer les impacts techniques, environnementaux et économiques des modalités.

Réussir son couvert

Les premières conclusions de SOLultions ACS s’appuient sur 2019-2020 et 2020-2021. Elles montrent que sans glyphosate, les résultats ne sont pas satisfaisants dans la plupart des cas, avec des impacts sur rendements et marges. Malgré le retrait de l’herbicide total et l’emploi de moyens alternatifs, les IFT n’ont pas baissé. Et dès qu’un outil est utilisé, le débit de chantier reste plus important que celui d’un pulvérisateur. La consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre demeurent aussi plus élevées. Des difficultés sont apparues pour venir à bout des adventices, ray-grass en tête, notamment sur des cultures de printemps telle que le sarrasin, qui disposent de peu de solutions herbicides en culture, mais aussi sur blé.

Néanmoins, il y a eu quelques bons résultats. Leurs clefs de réussite : la succession culturale alliée à la combinaison d’un couvert d’interculture réussi et concurrentiel, qui ne pose pas de problèmes dans la culture suivante, mais aussi à l’emploi d’herbicides en culture. « Le projet s’arrête même s’il aurait été intéressant de voir ce que cela donne sur une rotation complète », juge l’association. C.F.