En ce début d’automne, la rédaction de La France Agricole a pris en main la Mule Pro DXT 2025 de Kawasaki. Un seul modèle, deux configurations mais de multiples options, c’est ainsi que nous pourrions résumer ce SSV. De notre côté, nous avons testé la version non homologuée, elle était donc dans son plus simple appareil, dépourvue de toute option.
Seule la présence d’une banquette arrière la différencie du modèle deux places (Mule Pro DX). Par ailleurs, ce modèle vendu comme pouvant accueillir six personnes aux États-Unis ne nous en offre que quatre en France. Mais ça n’est pas plus mal, car cela donne des places très spacieuses.
Des commandes simples
Le côté dépouillé se ressent dès l’installation aux commandes. Sur notre modèle, le pare-brise comme le toit sont absents. Seules des structures tubulaires, faisant office d’arceaux de protection, sont présentes.
Une fois le volant réglé et la ceinture bouclée, nous sommes solidement ancrés dans le siège, une grande banquette de la largeur de la machine, et prêts à affronter les chemins les plus accidentés avec le véhicule et son moteur diesel Yanmar à 3 cylindres de 24 ch.
Dès le départ, nous constatons que la puissance est suffisante pour entraîner les 883 kg de l’engin, mais que le tout manque un peu de nervosité. En zones plates, le moteur répond parfaitement et, même à haut régime, il n’y a pas de vibration.
Poussif dans les côtes
Cependant, quand nous abordons les côtes, le bloc se montre un peu plus poussif. Là, nous plafonnons à 32 km/h alors que nous roulons à vide. Au moment de freiner, il reste nécessaire d’anticiper le poids de la bête pour bien s’arrêter où nous le souhaitons.
Concernant les zones de franchissement, nous n’avons utilisé le blocage du différentiel et les quatre roues motrices que dans les parties les plus critiques. La possibilité d’activer ces solutions en roulant, simplement avec des interrupteurs électriques, est un vrai plus. Nous n’avons finalement dû nous arrêter pour passer en vitesse courte que dans une zone de bosses : pour cela, il faut pousser le levier de vitesse centrale sur la position L.
Le volant à assistance électrique est particulièrement agréable à maîtriser, réactif quand il faut de l’agilité dans les bosses et suffisamment dur à haute vitesse. Quant au confort, rien à redire, les suspensions sont réactives sans être trop molles. Après plusieurs heures passées dans des chemins plus ou moins carrossables, aucun mal de dos n’est à déplorer.

Un utilitaire avant tout
Avec la conception modulable de son habitacle et de sa benne, la Mule est bien adaptée à une utilisation professionnelle. Il est en effet possible de passer de quatre à deux places pour agrandir la benne, en repliant la banquette arrière.
Cette manipulation est relativement aisée, mais elle demande une petite prise en main. Une fois le système maîtrisé, il n’y a besoin que d’une minute pour passer d’une configuration à l’autre.
En ce qui concerne le mode à deux places, le gain de volume utile de la caisse est indéniable. Cela double presque la profondeur de la benne, passant ainsi de 560 mm à 1 085 mm de longueur disponible. La capacité de chargement, quant à elle, ne bouge pas. Elle est de 714 kg.
Nous basculons cette benne manuellement, deux vérins à gaz nous assistent dans cette tâche. Néanmoins, nous regrettons d’avoir à basculer la banquette pour lever la benne lorsque la Mule est en configuration quatre places. De plus, l’ouverture du hayon avec deux attaches à bascule, une de chaque côté, n’est pas des plus ergonomiques.


Taillé pour les terrains difficiles
En faisant le tour extérieur de l’engin, nous ressentons qu’il est taillé pour affronter les terrains difficiles. La face avant est bien protégée, les capots sont en plastique dur alors que les tubulures sont en acier peint. Les banquettes d’une seule pièce sont facilement lavables. Il en est de même pour les sols et l’ensemble de la machine.
L’accès aux différents organes de ce SSV se fait plutôt facilement. Nous accédons au moteur en basculant la benne. Le compartiment à batterie, qui intègre également le filtre à air moteur, est sous le côté droit de la banquette passager. Enfin, le capot avant renferme le radiateur et le vase d’expansion.
Une caisse modulaire optimale
En ce qui concerne les rangements, ce SSV reçoit plusieurs supports de bouteilles et un coffre étanche sous la banquette avant. Un grand coffre peut aussi être ajouté en option sous la banquette du conducteur.

Pour résumer, la caisse modulaire est l’un des gros avantages de cette version diesel de la Mule. Les agriculteurs pourront s’en servir avec la grande benne pendant la semaine et dans la version à quatre places le week-end.
Les commandes, bien placées et plutôt confortables à utiliser, tranchent avec une cabine presque inexistante. La présence d’un toit et, au mieux, d’un pare-brise serait un plus pour le confort de conduite.