Bruno Alayrac, à la tête de 500 brebis causse du Lot à Lauzès (Lot), ne laisse pas le hasard s’immiscer dans ses résultats d’élevage. Il anticipe les mises bas et organise un planning qu’il suit le plus précisément possible.

Le troupeau agnèle une fois par an à deux périodes : la première moitié en mars et l’autre moitié en septembre. Environ six semaines avant le début de chaque période de mise bas, Bruno commence la transition alimentaire. Il augmente progressivement la ration, sans oublier les minéraux et les vitamines, pour que les besoins soient couverts au moment de la mise bas. Trois semaines avant l’agnelage, toutes les brebis passent dans le couloir de contention mobile. Quatre lots sont alors constitués en fonction de l’avancée de la gestation, du résultat de dénombrement des échographies réalisées quelques semaines plus tôt, ainsi que de l’état corporel et de l’âge des brebis.

« Je place celles en moins bon état, et qui doivent mettre bas deux ou trois agneaux, dans l’aire paillée proche du couloir en face de la porte d’entrée de la bergerie, indique Bruno. Elles bordent ainsi le circuit que j’emprunte fréquemment et sont naturellement plus souvent dans mon champ visuel. Les brebis avec un agneau sont installées dans l’aire paillée opposée. Elles restent facilement accessibles. Cela ne m’empêche pas de les surveiller attentivement. »

Les brebis les plus avancées et celles en bon état logent sur les aires paillées centrales. Celles qui attendent un seul ou trois agneaux sont marquées par un point de couleur différente lors des échographies. Celles qui en attendent deux, les plus nombreuses, ne sont pas marquées .

Limiter la pression

Quand les mises bas débutent, Bruno monte les cases individuelles au fur et à mesure sur l’aire paillée. « Pour limiter la pression microbienne, les cases ne sont pas utilisées plus de deux fois au même endroit, indique-t-il. J’ai monté des brides sur les claies pour faciliter leur montage. » Le bouclage des agneaux s’effectue quand ils sont encore dans la case. Bruno a fabriqué une caisse où il peut poser le portable afin d’enregistrer au fur et à mesure les naissances dans son logiciel de gestion de troupeau. La pince, le matériel de désinfection et le lecteur de boucles sont également entreposés dans la caisse pour ne pas perdre de temps.

Dès que les brebis sortent, elles restent par petits lots de trois à quatre adultes pendant une semaine, puis la taille des lots augmente progressivement. Pour leur confort, elles disposent de 3 m2 chacune.

Des aménagements du bâtiment, comme l’installation de bandes en plastique sous les barrières et les portails, limitent les courants d’air au niveau des animaux dans les parcs. Bruno n’a pas de portail automatique, mais pour éviter les coups de froid générés lors de son ouverture lorsqu’il rentre avec le tracteur, il a monté des rideaux en PVC souples. Le but étant d’améliorer le confort, de limiter la mortalité et surtout de maîtriser la productivité du troupeau.

Une partie des agneaux triples sont conduits à part avec un allaitement artificiel. « Je les installe sur une aire paillée proche du local où je prépare le lait, pour limiter les déplacements. » En mars 2018, ces « biberons » étaient particulièrement nombreux, puisque la prolificité a atteint 200 %. « Le flushing à l’herbe a été particulièrement efficace à l’automne, explique-t-il. De plus, je sélectionne mes animaux sur la prolificité depuis longtemps. »

1,8 agneau par brebis

Avec 12 % de mortalité, la productivité s’affiche à 1,8 agneau par brebis. Un résultat qui classe l’exploitation parmi les plus performantes. Surtout pour un élevage dont les brebis agnèlent une seule fois par an. « J’ai ralenti le rythme de reproduction après le départ en retraite de mon père, et j’ai calé les dates d’agnelage en fonction des dates de vente des agnelles de reproduction et des pics de travaux », explique-t-il. En effet, Bruno est seul sur l’exploitation. Il veut pouvoir récolter ses prairies au bon moment pour stocker des fourrages de qualité, garants eux aussi de bons résultats techniques. Les agneaux qui ne conviennent pas à la vente en reproducteurs partent pour la production d’agneaux fermiers du Quercy. Ils arrivent sur le marché en dehors des périodes où les cours sont les plus attractifs (Pâques). « Mais je préfère fournir mes clients fidèles en agnelles au bon moment, et surtout ne pas être débordé au moment des foins. »