En sorgho grain, les rendements stagnent, voire diminuent légèrement ces dernières années. Selon les données d’Agreste, ils ont perdu en moyenne 0,10 q/ha/an entre 1991 et 2024. Mais « le progrès génétique est bien réel », assure Agnès Tréguier, ingénieure au sein du pôle « R & D variétés et génétique » d’Arvalis.

Isoler l’effet « variété » des autres éléments

L’institut technique a mené une étude permettant d’isoler l’effet « variété » des autres éléments qui jouent sur la production : évolution du climat, pression parasitaire, pratiques culturales… Le résultat est là : +0,44 q/ha/an en France entre 2000 et 2025.

« Il y a eu un point d’inflexion en 2016 », note l’experte. Avant cette date, la dynamique était plus marquée (+0,56 q/ha/an), mais demeure malgré tout ensuite (+0,25 q/ha/an). Ce ralentissement s’observe principalement en zone méridionale.

Agnès Tréguier considère que les deux principaux facteurs limitant l’expression du potentiel de rendement du sorgho sont l’alimentation en eau et les problématiques de désherbage. Dans un contexte réglementaire de plus en plus contraint, ces dernières sont « préoccupantes », estime-t-elle.

Précocification des variétés

« Que ce soit en régime pluvial ou irrigué, il y a bien un progrès génétique », ajoute Agnès Tréguier. Selon elle, l’idée qu’il s’exprime surtout dans des conditions favorables est erronée. Elle assure que les sélectionneurs travaillent sur les deux fronts.

L’étude d’Arvalis a mis en évidence d’autres évolutions de l’offre variétale. Comme, par exemple, la tendance à la précocification des variétés, surtout marquée en zone méridionale. Il s’agit là d’une adaptation au changement climatique, vis-à-vis de la disponibilité en eau.

Autres observations : un gain de vigueur au départ, une diminution de la hauteur des plantes, ou encore un maintien du bon niveau de la résistance à la verse. Une étude similaire pour le sorgho monocoupe est prévue en 2026.