Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du sommeil, sécheresse et atrophie vaginale, troubles digestifs, veineux ou sexuels, dépression, prise de poids, etc. L’arrêt définitif du cycle ovarien a des effets multiples. On considère que la ménopause est installée après un an sans règles. Elle survient en moyenne entre 51 et 52 ans, plus tôt chez les fumeuses. Comment mieux vivre cette carence en œstrogènes ?
Pour le professeur Rosalie Cabry-Goubet, du CHU d’Amiens (Somme), « il ne faut pas diaboliser le traitement hormonal substitutif (THM) de la ménopause. Certaines en ont besoin. Le médecin évaluera la balance bénéfices-risques. » Si ce traitement augmente les risques cardiovasculaires et de certains cancers (sein, endomètre, ovaire), il protège contre d’autres (côlon) et les maladies du vieillissement (Alzheimer, Parkinson).
La gynécologue précise : « Chez une femme présentant déjà des plaques athéromateuses, le traitement augmente le risque d’AVC ou d’infarctus. En revanche, en leur absence, il peut prévenir leur apparition. Il existe une fenêtre optimale pour instaurer le THM, entre trois et cinq ans après la ménopause. »
Aides non hormonales
Quelles sont les autres options ? La gynécologue cite les médicaments non hormonaux comme la bêta-alanine (acide aminé), la méthyldopa (hypotenseur), la gabapentine (neurosédatif) ou encore la paroxétine (antidépresseur). Pour lutter contre la sécheresse vaginale, les traitements locaux (œstrogènes ou gels hydratants sans hormone comme Replens) s’avèrent efficaces.
Les médecines douces peuvent aider : homéopathie, phytothérapie ou acupuncture. Une prise en charge hygiénodiététique peut être utile. Contre la fonte musculaire, rien de tel que la marche, bénéfique aussi pour la synthèse de la vitamine D. En cas de carence, une supplémentation sera nécessaire. Le lien social joue également un rôle protecteur. « Il s’agit d’éviter l’isolement », insiste Rosalie Cabry-Goubet.