Dans le secteur agricole, 5 à 10 % des travailleurs sont touchés par des affections telles que la pneumopathie d’hypersensibilité, l’asthme et la bronchite chronique. Le Repran (Réseau pathologies respiratoires agricoles national) est issu d’un partenariat entre la MSA et les services de pneumologie des CHU français. Son objectif est de sensibiliser les professionnels de santé aux risques respiratoires en agriculture et de promouvoir des pratiques plus sûres.

Ce réseau informe régulièrement sur le sujet, comme le webinaire du 8 juillet dernier animé par Raymond Bykoukous, conseiller à la MSA Île-de-France. Lors de son exposé, il a pointé la dangerosité des poussières dans l’activité agricole, cause de nombreuses pathologies comme l’asthme, les bronchites chroniques, les cancers. Ces particules sont d’autant plus nocives qu’elles sont invisibles du fait de leur taille, qu’elles soient d’origine végétale (foin, paille, céréales, lin), organique (fientes, plumes), chimique (semences enrobées). S’ajoutent dans la problématique les aérosols : fumées, gouttelettes de pulvérisation, moisissures… Le risque d’exposition aux poussières est d’autant plus important que les bâtiments agricoles, à l’inverse des scieries, des silos dans les organismes de stockage, ne sont pas soumis à des contrôles stricts.

Solutions techniques

L’agriculteur, pris par le temps, va négliger le problème, un environnement poussiéreux étant considéré comme « normal ». Alors que les pathologies, notamment les cancers, peuvent survenir de nombreuses années après l’exposition, retardant la prise de conscience.

Pour réduire au maximum les émanations, donc l’exposition, Raymond Bykoukous a insisté sur l’identification des sources potentielles de nuisances, en mettant en œuvre des opérations de mesures. Des conseillers prévention de la MSA peuvent se déplacer pour cela, ou indiquer des professionnels compétents. Il préconise de limiter les dégagements dès la conception des bâtiments de travail (paillage automatique, ventilation), d’entretenir et nettoyer régulièrement ces lieux, d’avoir recours aux équipements individuels de protection comme les masques, et d’avoir un suivi médical assidu.