«Prenez soin de votre cœur et il vous le rendra. » Tel était le conseil prodigué par Nabil Bouali, docteur en cardiologie interventionnelle au CHU de Poitiers lors d’un webinaire organisé par la MSA de Picardie. Deuxième cause de mortalité en France après les cancers, et même première chez les femmes, les maladies cardiovasculaires provoquent quatre cents décès par jour. C’est un enjeu de santé publique majeur, même si la mortalité a reculé grâce aux progrès de la médecine.

Signaux d’alerte

En cas de douleur inhabituelle et oppressive dans la poitrine, irradiant parfois dans le bras, le cou et la mâchoire, « il faut une prise en charge en urgence, alerte le cardiologue. En France, nous sommes tous à moins de soixante minutes d’un centre de coronographie capable de déboucher les artères du cœur. »

Chaque heure qui passe diminue les chances de récupération. Au-delà de vingt-quatre à quarante-huit heures, elles sont inexistantes. Si on ne peut pas prédire un évènement aigu comme un infarctus, il est possible d’en diminuer le risque.

« Les choses simples sont souvent les plus efficaces », expose Nabil Bouali, qui conseille de faire un bilan régulier chez le médecin, de reconnaître ses signaux faibles comme une fatigue anormale, un essoufflement, des palpitations, des troubles du sommeil… et d’identifier ses facteurs de risque. Ces derniers sont nombreux : hypertension artérielle, excès de cholestérol, antécédents familiaux, âge, sédentarité, diabète, tabagisme, excès d’alcool, alimentation non équilibrée, surpoids, obésité.

« 80 % des accidents cardiovasculaires sont évitables par un meilleur mode de vie au quotidien, soutient le spécialiste. Il n’est jamais troptard pour changer. Arrêter de fumer par exemple fait baisser considérablement le risque. Tout comme pratiquer de l’activité physique et avoir une bonne alimentation. »

En cas de difficultés, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un médecin, un diététicien, un tabacologue…