À Neuvy-Grandchamp, dans la Saône-et-Loire, au cœur de la zone allaitante charolaise, la SCEA des Champs Perrin produit des lapins. Démarrée en 1977 avec 200 lapines dans un vieux bâtiment, l’activité cunicole s’est développée jusqu’à atteindre annuellement 240 000 animaux vendus.
Beaucoup de tâches automatisées
Toutes les tâches, à l’exception de l’enlèvement des animaux et du nettoyage des salles, sont automatisées : l’alimentation, l’abreuvement, la ventilation et le raclage des effluents. Grâce à un système de refroidissement par évaporation (pad-cooling), la température intérieure des quatorze bâtiments (durs et tunnels) a été réduite l’été de 10°C.
Depuis 2019, des panneaux photovoltaïques ont été apposés sur une partie des toitures (100 kWc en autoconsommation). En 2026, 200 kWc supplémentaires seront valorisés en autoconsommation avec vente du surplus à EDF.
Positionné depuis plus de vingt-cinq ans sur les lapins lourds de 3 kg, plus rémunérateurs que les standards, l’élevage s’est diversifié en 2017 sur les lapins bien-être animal (BEA) à la demande de l’abattoir Palmid’or/LDC (Trambly, 71).
Les associés y ont vu une occasion de différencier leur production. Deux bâtiments BEA ont été autoconstruits en 2017 et 2018. Seul le terrassement a été délégué, ce qui a permis de réduire l’investissement à 700 000 € pour 3 000 m² (1).
Des parcs surélevés combinés
Les lapins BEA sont logés dans des parcs surélevés combinés. Modulables, ces derniers se transforment, grâce à des trappes, en logement individuel pour les mères lapines, puis en logement collectif pour les lapins à l’engraissement. Exemptes de grillage au sol mais équipées d’un caillebotis plastique repose-pattes et d’une mezzanine, les cages sont plus spacieuses et plus confortables.

Quelle que soit la filière de commercialisation, les animaux nécessitent une attention sans faille. Ils doivent disposer d’une bonne alimentation, d’un bon abreuvement et d’une bonne ventilation.
« Le lapin est une production qui va très vite, soulignent les associés de la SCEA. Une lapine inséminée pour la première fois à 19 semaines peut faire jusqu’à neuf portées par an. »
Sur la ferme, les inséminations artificielles (35 000 à 45 000 IA par an) sont pratiquées avec un taux de réussite de 84-86 % par les agriculteurs et leurs salariés.

Autre point essentiel : le sanitaire. En 2008, à la suite de lourdes pertes causées par la myxomatose, la production cunicole a failli s’arrêter. « Les banques nous ont soutenus, précise Olivier Quinter, l’un des associés. Nous sommes repartis avec une génétique saine et un protocole de vaccination strict (myxomatose et VHD, maladie hémorragique virale). »
Depuis 2009, l’élevage a tiré un trait sur les antibiotiques. Pour prévenir les maladies, des produits à base de plantes (anticoccidien) ainsi que du chlorure de magnésium sont mélangés à l’eau de boisson. Un hépatoprotecteur est également administré.
Réduire la pénibilité
Les nombreuses manipulations exigées tout au long du cycle de production (six semaines) induisent des risques musculo-squelettiques. Le pulvérisateur à dos de 25 litres nécessaire à la désinfection des salles a été remplacé par un de 125 litres sur roues.
Pour distribuer les copeaux dans le nid des lapereaux, des chariots à fond mobile ont été achetés ainsi qu’une décompacteuse pour les ballots. Les deux équipements ont bénéficié d’une aide de la MSA. Un point reste à améliorer : l’enlèvement des lapins le dimanche soir, 51 semaines sur 52. Entre 21h30 et minuit, quatre personnes doivent sortir 4 500 lapins.
À près de 3 kg l’unité, cela représente 13 tonnes à manipuler manuellement. C’est actuellement la contrainte majeure de l’élevage qui, pour être rémunérateur, nécessite une parfaite maîtrise technique.
À l’avenir, si de nouvelles opportunités de développement se présentaient avec leur abattoir, l’élevage partirait sur un système de lapins au sol pour la partie engraissement. « Les consommateurs ne veulent plus de cages, observe Olivier Quinter. En maternité, l’élevage individuel reste toutefois indispensable pour la mise-bas. »
(1) dont une fumière de 1 000 m².