« C’est une rencontre marquante dont on nous parle encore aujourd’hui. À l’époque, en 2018, le Prince Charles n’était pas encore couronné. Cette année-là, mon épouse Fanny participait au programme d’incubation de l’Isara, l’école d’ingénieurs agri-agro de Lyon, pour mettre au point et lancer notre ail noir. »

Il voulait rencontrer des agriculteurs dans des pratiques responsables

« Le Prince Charles avait souhaité visiter l’établissement et rencontrer des agriculteurs ainsi que des start-ups engagées dans des pratiques responsables, et nous avons été sélectionnés. L’ail noir que nous développons est une transformation 100 % naturelle, qui permet de donner plus de valeur à l’ail de notre région et de pérenniser la filière, précisément ce que recherchait le Prince. »

« Le jour J, les organisateurs nous ont rappelé le protocole : on ne s’adresse pas au Prince Charles comme à n’importe qui. Nous étions un peu fébriles lorsque nous nous sommes retrouvés face à lui. Nous avons commencé l’entretien par un “Your royal highness” [Votre altesse royale, NDLR], avant de présenter brièvement la filière française et drômoise de l’ail : la culture sous signe de qualité, l’importance du terroir et la nécessité de la valorisation pour assurer un développement à la fois économique et environnemental durable. »

« Fanny parle couramment anglais, ce qui a rendu l’échange fluide et naturel. Dès les premières minutes, nous avons été frappés par son humanisme et sa curiosité sincère. Il s’est montré profondément attentif, écoutant chaque détail avec intérêt et posant des questions précises sur notre projet, nos ambitions, la rentabilité, mais aussi sur l’organisation de la filière et le quotidien des agriculteurs. »

« Une vraie attention pour ceux qui travaillent la terre »

« Comme Fanny, j’ai été touché par ses yeux bleus empreints d’empathie et par sa manière d’être : calme, réservé, mais pleinement présent, avec une vision technique et stratégique remarquable, et surtout une vraie attention pour ceux qui travaillent la terre. C’était un privilège d’échanger avec un Prince alliant stature royale, curiosité technique et profonde humanité. »

« Dans notre vallée de 10 000 habitants, nous avons été pendant un temps “ceux qui ont rencontré le Prince Charles”. Ce moment nous a confortés dans notre projet. Même si l’avenir restait à construire, elle a confirmé que notre démarche avait du sens et qu’elle allait dans la bonne direction. Et, au final, le projet a trouvé sa place. »