Une « sacrée nouvelle ». Voilà comment Alix Indey a accueilli l’opportunité de partir à la fin de son BPREA avec le programme Erasmus pour découvrir l’agriculture en dehors de nos frontières. Un stage de découverte en plus des 290 heures de stage obligatoires inscrites dans le cadre de sa formation.
Son diplôme en poche, l’ancienne conductrice de super-lourd de 38 ans décide de partir trois mois en Norvège. « Je souhaitais aller dans un pays nordique, justifie-t-elle. Dans le contexte de réchauffement climatique, je voulais en apprendre davantage sur leur gestion des gelées tardives, sur le manque de chaleur, etc. » Des notions qu’Alix pourra mettre en place pour son futur projet de ferme découverte en Sologne, où elle souhaite proposer au public une grande variété de productions végétales ainsi que de la transformation.
« C’était la première fois que mon établissement proposait des mobilités internationales. Il n’avait pas d’historique de fermes, raconte-t-elle. J’ai fait mes propres recherches sur internet. J’avais la volonté d’avoir plusieurs corps de métier dans la même ferme. » Bingo ! L’exploitation qui accueille Alix propose de l’élevage bovin, du maraîchage, de l’arboriculture, de la transformation, de la vente directe en Amap et une partie restauration. La ferme travaille également avec la Croix-Rouge pour aider à la réinsertion professionnelle de réfugiés ukrainiens.
Des compétences humaines
« C’est génial d’avoir pu toucher à toutes ces productions. […] Pendant ces trois mois, j’ai lâché des projets pour en fortifier d’autres », témoigne Alix, qui a remodelé ses objectifs à l’aune de cette nouvelle expérience. « La partie restauration, en plus des animaux et du maraîchage, c’est génial. Mais je trouve ça trop contraignant et trop chronophage. Ça demande aussi beaucoup de main-d’œuvre et ce ne serait pas envisageable dans mon cas, note-t-elle. Je ne vois pas non plus d’intérêt à intégrer de l’élevage pour le moment, mais j’y repenserai plus tard. » Alix envisage désormais de partir dans le salariat le temps de peaufiner son projet.
Outre les compétences techniques, Alix confie avoir acquis d’autres compétences humaines et avoir gagné en confiance. « J’ai beaucoup appris sur moi malgré le fait que j’ai déjà fait beaucoup de voyages, confie-t-elle. Cela a été une vraie déconnexion. Ça m’a permis d’évoluer, de clarifier mes buts. Comme quoi il n’y a pas d’âge pour apprendre et mûrir ses projets. »