En janvier 2026, le BRGM a recensé 40 % des points d’observation sous les normales mensuelles, 24 % comparables à ces normales, et 36 % supérieures, contre respectivement 30 %, 24 % et 46 % en décembre. « On a vraiment une dégradation des situations entre décembre et janvier sur les deux tiers nord de l’Hexagone, sauf sur la Bretagne et le massif armoricain », a résumé Violaine Bault, hydrologue au BRGM, lors d’un point avec la presse organisé le 10 février 2026. Un an plus tôt, en janvier 2025, 68 % des niveaux des nappes étaient au-dessus des normales mensuelles.

Leur recharge a été « hétérogène sur le territoire », et les précipitations de janvier ne sont pas parvenues « à maintenir une recharge active », notamment du fait de l’alternance de périodes sèches et humides, a-t-elle expliqué. Ainsi sur le mois passé, 56 % des niveaux des nappes étaient en hausse, et 26 % en baisse, contre respectivement 63 % et 25 % en décembre.

Tendance générale « satisfaisante »

Au 1er février, la tendance générale reste malgré tout « plutôt proche des normales » et « satisfaisante ». Certaines situations sont néanmoins dégradées, notamment sur le Grand Est où la recharge est « très déficitaire », et à l’inverse des zones excédentaires comme en Bretagne, Languedoc et Corse, « qui bénéficient des pluies de décembre et de janvier », a ajouté la spécialiste.

« En fin d’été 2025, la situation des nappes était généralement satisfaisante pour les nappes inertielles et pour la plupart des nappes réactives, retrace le BRGM. Elle s’est ensuite améliorée en septembre, puis s’est stabilisée entre octobre et décembre » avant donc, de se détériorer en janvier.

Des situations contrastées

Dans le détail, pour les nappes inertielles :

  • Bassin parisien et est de l’Artois : le BRGM parle de pluies automnales et hivernales « généralement déficitaires ». La période de recharge peine à se mettre en place sur les nappes très inertielles, les niveaux restent donc en baisse ou stables. « De plus, la vidange reprend en janvier sur les nappes moins inertielles du pourtour du Bassin parisien, précise-t-il. La recharge reste active uniquement sur des secteurs plus arrosés et abritant des nappes moins inertielles : nappe de la craie marneuse de l’ouest de l’Artois et de la Champagne ».
  • Couloir Rhône Saône : la recharge est active depuis octobre ou novembre. En janvier, les tendances sont généralement orientées à la hausse mais la recharge faiblit en partie nord, de l’Est-Lyonnais au Dijonnais.

Pour les nappes réactives, « la recharge est active uniquement sur les secteurs correctement arrosés en décembre et janvier », expose le BRGM :

  • Finistère, Morbihan et ouest Loire-Atlantique : des pics de crue ont été observés mi-janvier puis fin janvier.
  • Massif central, Roussillon, Languedoc, Corse : les précipitations intenses de la seconde quinzaine de décembre puis à partir de mi-janvier « ont permis une recharge efficace des nappes ».
  • Sud-Ouest : la recharge a ralenti « malgré un cumul pluviométrique important en janvier, rapporte l’organisation. Les sols secs, suite aux pluies déficitaires de décembre, n’ont pas permis une infiltration efficace des pluies en profondeur ».
  • Nord-Est : les tendances s’inversent suite aux pluies déficitaires de novembre à janvier, et les niveaux des nappes deviennent stables ou en baisse.
  • Provence : les tendances sont hétérogènes, les pluies efficaces de décembre et de janvier n’ayant pas été uniformément réparties.