Lors de ses tournées à pied autour de Hauterives, le facteur Ferdinand Cheval rêvait d’ériger une architecture-sculpture et collectait les pierres dont les formes étranges lui évoquaient des animaux ou des figures grotesques qui l’aideraient à façonner son projet.
Durant trente-trois ans, de 1879 à 1912, il édifia ainsi son palais à la manière des grottes et rocailles baroques. Aux concrétions de grès sculptées par le temps et l’eau, il ajoutait du tuf, des silex, du porphyre, du quartz, du sable, des coquillages, consolidant l’ensemble avec de la chaux, du ciment et des armatures métalliques.
Cherchant à délivrer un message de fraternité universelle, il souhaitait représenter la symbiose des êtres vivants, des religions et des cultures, sculptant côte à côte un tombeau égyptien, un temple hindou, une mosquée, un chalet suisse, un château du Moyen Âge, une maison carrée d’Alger… Le tout sous le regard bienveillant de trois géants bras dessus bras dessous : César, Archimède et Vercingétorix.
L’exposition Parade, ouverte jusqu'au 20 avril 2026, fait dialoguer autour de la figure de l’oiseau des tapisseries du moine Dom Robert, tissées dans les années 1960 à Aubusson, et des œuvres récentes de l’artiste anglaise Kate MccGwire réalisées à partir de plumes. Un travail de patience sur une nature fantasmée qui rappelle celui du facteur Cheval et son extraordinaire bestiaire peuplé d’une multitude d’oiseaux.