«La pratique de la communication non violente (2) aide à privilégier la qualité de la relation, la compréhension des besoins de chacun pour aller ensuite, ensemble, vers une solution.

L’important est de se dire les choses, les non-dits tuent la relation. Le conflit est l’occasion d’exprimer des différences. Pour renouer le dialogue, nous pouvons favoriser les conditions pour être à l’écoute de soi et se relier à l’autre. La CNV, c’est la mise en commun de ce que chacun vit par rapport à une situation. C’est l’expression de nos ressentis et besoins, ainsi que de ceux de notre interlocuteur, pour trouver une issue. Cela passe par quatre étapes. La première est d’observer de façon précise et concrète les faits, sans évaluation. Par exemple : “Je vois que les outils sont restés dehors cette nuit.” La deuxième étape est de se demander ce qui se passe en moi en termes de sensation et d’émotion, toujours sans jugement : “Je me sens agacé.” La troisième consiste à identifier quel besoin important n’est pas satisfait : “Pour moi, prendre soin du matériel est essentiel.” Enfin, formuler une demande pour arranger les choses, soit par la réaction : “Comment réagis-tu à ce que je dis ?”, soit par l’action : “Est-ce que tu serais d’accord pour les ranger chaque soir ? ”

Une réaction spontanée et classique aurait pu être : “Tu es nul d’avoir laissé les outils dehors ! Range-les !” Cela n’aide pas à la communication. En évitant le “tu” accusateur et en expliquant ce qui se passe, une chance est donnée à l’échange. Instaurer des espaces-temps pour une écoute mutuelle et pour oser parler, une fois par semaine autour d’un café, par exemple, sans attendre que la goutte d’eau de trop ne fasse déborder le vase, est de nature à aider. Ne pas s’imaginer que c’est la faute de la personne, ni la sienne. Le jugement (sur l’autre ou sur soi) nous enferme, mieux vaut le traduire en besoin. Souvent, nous avons peur de la réaction de notre partenaire. Chacun est responsable de ce qu’il énonce, mais pas de la réaction de l’autre. »

Propos recueillis par Florence Mélix

(1) Communication non violente, www.cnvformations.fr

(2) Processus élaboré par Marshall Rosenberg, auteur du livre Les mots sont des fenêtres(ou bien ce sont des murs). Autre référence, l’ouvrage de Thomas d’Ansembourg, Cessez d’être gentil, soyez vrai !