Située en Asie du Sud-Est, au sud de la Malaisie, la cité-État Singapour est aussi avant-gardiste qu’écologique. C’est peu dire que la seconde place financière asiatique sait se réinventer. Sa skyline est marquée par des complexes emblématiques, comme le Marina Bay Sands.

Ce bâtiment de verre et d’acier, coiffé d’une immense piscine à débordement, cohabite avec les « Supertrees » (ou superarbres) de Gardens by the Bay. Ce poumon vert ultramoderne abrite 19 structures végétalisées en forme d’arbres qui s’illuminent à la nuit tombée.

Un véritable creuset culturel

Elles sont utilisées comme site de reproduction pour les oiseaux et la collecte des eaux pluviales, et tempèrent les îlots de chaleur. Le cœur historique a échappé à la rage des promoteurs, car Singapour mise sur le tourisme. Les vieux quartiers restaurés ont repris des couleurs, et les pagodes et maisons coloniales leur art de vivre.

La cité offre mille facettes avec de nombreux restaurants et cafés, des marchés animés, des casinos, un parc d’attractions Universal Studios, des festivals, des musées et un circuit de Formule1 nocturne. Contrairement à l’idée reçue de « petite Suisse asiatique » vouée au seul business, Singapour est un véritable creuset culturel.

Chasser les mauvais esprits

Aux pieds des buildings, dans les rues étroites de Chinatown, subsistent des croyances. Les revenants planent au-dessus des temples chinois où les autels croulent sous les offrandes. Le but ? Chasser les mauvais esprits. À la tombée de la nuit, les bougies vibrent et l’encens se mêle aux fleurs et aux fruits : les fantômes ne passeront pas.

Le rituel est plus marqué encore après le nouvel an chinois, au cours du septième mois lunaire. Quand, selon la tradition, les portes de l’enfer et du purgatoire s’ouvrent, lâchant les spectres les plus affamés qu’il faut rassasier, la fièvre s’empare de Singapour.

C’est l’occasion d’immenses ripailles destinées aux défunts qui se contentent de « goûter à l’esprit » des mets, laissant la joie aux vivants de les savourer. Singapour fait la fête et brûle, dans les rues du quartier chinois, des liasses de faux billets en guise de bakchich aux revenants pour l’accès au paradis. Ainsi va l’un des plus grands ports du monde en volume de fret.