Le groupe de travail sur les agriculteurs en situation de détresse au Sénat, présidé par Sophie Primas (LR), a présenté le 17 mars son rapport à la presse. D’emblée, le document pointe « l’omniprésence de la question du revenu agricole et du sentiment de dénigrement social », pour expliquer les passages à l’acte. Les rapporteurs, Henri Cabanel (RDSE) et Françoise Férat (Union centriste) ont fait part du poids d’un agribashing de surface, alimenté par les intrusions dans des élevages, et d’un « agribashing plus profond, avec les voisins, les néoruraux, la société en général ».

S’organiser par département

Afin de mieux accompagner les agriculteurs en difficultés, les sénateurs proposent 63 actions dont la principale consiste à clarifier et ordonner, au sein de chaque département, les forces et moyens en présence. Ils plaident ainsi en faveur d’un « référent » départemental et suggèrent de faire de la cellule préfectorale « la clé de voûte » de l’identification et de l’accompagnement des agriculteurs en détresse. La détection pourrait être renforcée, selon eux, en formant également les professionnels au contact des exploitants et des salariés. Ils défendent, par ailleurs, l’idée d’une visite médicale obligatoire et gratuite tous les trois ans pour les agriculteurs de plus de 40 ans. Les sénateurs demandent à assouplir les conditions de modulation des cotisations sociales, de rendre plus lisibles les aides proposées à partir d’une plaquette unique, et de rendre accessible l’aide à la relance des exploitations agricoles de façon plus précoce. Ils suggèrent, enfin, que les proches bénéficient d’un accompagnement, ainsi que du service de remplacement de manière gratuite.

Les sénateurs devaient remettre leur rapport le 24 mars au ministre de l’Agriculture. Ce document vient en complément de celui du député Olivier Damaisin (LREM) transmis en décembre au gouvernement.

Rosanne Aries