La guerre en Ukraine entraîne une grave crise énergétique « comparable au choc pétrolier de 1973 », a exprimé Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, le mercredi 9 mars. Alors que 40 % du gaz et un quart du pétrole consommés en Europe viennent de Russie, la dépendance énergétique était au programme d’une conférence ministérielle ce jour-là, puis au Sommet de Versailles.

Souveraineté

La Commission européenne et les gouvernements ont affiché l’objectif de diviser par trois la dépendance de l’Union aux hydrocarbures russes avant la fin de l’année. Un des leviers présentés est d’accélérer sur le biométhane. L’ambition de 17 milliards de mètres cubes annuels produits en 2030 a été relevée à 35 milliards, soit une multiplication par dix de la production actuelle.

Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, a également loué le gaz vert lors de la conférence ministérielle. Elle s’est dit convaincue qu’un système énergétique fiable et robuste reposera en partie sur le biogaz et espère que la situation actuelle améliorera l’acceptation des énergies renouvelables (EnR) dans les territoires.

Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie, lui a emboîté le pas en saluant les nouvelles ambitions européennes sur le biométhane. « Les investissements vont être gigantesques », a-t-il cependant souligné.

Mettre les moyens

Il propose que l’ensemble des gouvernements européens lancent d’importants appels d’offres de méthaniseurs, pour « très vite doubler la production annuelle ». Il a précisé qu’au prix actuel du gaz, « ça n’aurait pas de coût pour les finances publiques ». En effet, la crise énergétique coûtera au moins 10 Mds€ à l’État. Bruno Le Maire a ouvert la porte à une exception au dogme de la non-affectation des recettes fiscales. Le ministre a suggéré le fléchage vers le développement des EnR des revenus de la taxation sur les énergies fossiles.

Gildas Baron