Elles semblent inoffensives, parfois même décoratives. Et pourtant… Introduites par l’homme ou apparues après un changement du milieu, les plantes envahissantes colonisent sols et cours d’eau, étouffent la flore locale et compliquent la vie des agriculteurs et celle des jardiniers. Lucile Quenard, chargée des espèces invasives à la Fredon Centre-Val de Loire, rappelle qu’« elles se développent surtout dans les milieux dégradés. Si le sol est stable et bien couvert, le risque est moindre. »
Des espèces locales peuvent devenir envahissantes
Avec le changement climatique, des espèces locales peuvent devenir envahissantes. Le souchet comestible, par exemple, s’est propagé en Loir-et-Cher dans les cultures d’asperges après des inondations. Le danger n’est pas qu’écologique. Certaines plantes comme l’ambroisie provoquent de fortes allergies, d’autres comme la berce du Caucase causent de graves brûlures.
Sur le plan économique, leur gestion coûte plus de 12,5 milliards d’euros chaque année en Europe. Malgré ces risques, un Français sur deux n’a jamais entendu parler de plante exotique envahissante (1)
Une liste européenne recense près de cinquante espèces interdites, comme la jussie, cette vivace d’eau douce appréciée pour les aquariums, et la France y ajoute une trentaine de noms.
Jusqu’à 150 000 € d’amende
La détention ou la vente de ces plantes peut être punie de 150 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement. Parmi elles : la crassule de Helms, l’ailante glanduleux ou l’herbe de la pampa. Cela signifie que si vous détenez de beaux plumeaux de cette dernière, il faut déraciner le pied et l’apporter en déchetterie.
D’autres plantes sont « soumises à recommandations », à éviter de planter, comme l’érable negundo, le buddleia (fameux arbre à papillons), le faux-indigo ou les fleurs de phyla nodiflora var. canescens…
Ces listes sont mises à jour régulièrement. Si vous en repérez au jardin ou dans la nature, arrachez-les avant floraison, nettoyez le matériel et évitez de jeter des déchets dans la nature.
(1) Etude Kantar pour Val’Hor et FranceAgriMer - 2025