La peste porcine africaine (PPA) continue de se propager aux confins de la frontière française, en Catalogne. Un sanglier porteur de la maladie a été détecté pour la première fois le 11 mars 2026 dans la commune de Barcelone. Ce qui porte à 3 au moins le nombre de cas positifs au-delà de la zone prioritaire de contention de la maladie. Au 19 mars, depuis la découverte de deux premiers cadavres en novembre, 1 189 sangliers ont été tués. Parmi ceux qui ont été ou retrouvés morts, 2 018 sangliers, dont 230 ont été testés positifs à la peste porcine.
Sur-le-qui vive, le gouvernement catalan a déjà pris un certain nombre de mesures comme le recours à l’armée, aux chasseurs, à des drones. Il vient de décider d’aller plus loin encore en fermant de manière permanente tous les accès au parc naturel de Collserola et non plus seulement la nuit. Et ce, en vue de faciliter la capture d’environ 12 000 sangliers au moyen de filets et de pièges supplémentaires. Ces animaux seront ensuite abattus sur place par des forestiers et des chasseurs.
Manque de chiens dressés
« L’objectif est d’atteindre le zéro absolu de sangliers dans la zone », a expliqué Antoni Mur, inspecteur en chef des agents ruraux du gouvernement catalan. Actuellement, hors de la zone zéro et jusqu’à 20 kilomètres autour, les agents ruraux estiment qu’il y aurait entre quatre et six sangliers par kilomètre carré. L’un des problèmes rencontrés par le corps des forestiers est la faible disponibilité de chiens dressés pour localiser les cadavres de sangliers.
De plus, « c’est une zone très urbaine où il n’est pas toujours possible d’organiser des battues », a poursuivi Antoni Mur. Pour toutes ces raisons, les appels à la vigilance ont été redoublés auprès des habitants afin qu’ils respectent les interdictions d’accès au parc naturel. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, le virus peut survivre sur les vêtements, les chaussures, les roues des véhicules et d’autres types d’équipements qui constituent autant de moyens de transmission.
Pression de la filière
Première productrice de porcs en Europe, avec un quart des abattages, l’Espagne « joue gros » dans cette crise selon Miguel Ángel Higuera, directeur de l’Association nationale du bétail porcin. Il qualifie désormais de « critique » la situation sachant que si la maladie n’est pas freinée, les éleveurs n’auront « d’autre choix que d’être condamnés au modèle allemand : avoir le virus dans le pays et réduire de 20 % le cheptel et la production ».
Comme pour d’autres maladies à « éradication immédiate », selon la classification européenne, la découverte du premier sanglier infecté a entraîné la perte pour le pays du « statut indemne », poussant les éleveurs à vendre leur viande à un prix inférieur aux coûts de production.
L’urgence est d’autant plus forte qu’au printemps, les températures plus clémentes et l’abondance de nourriture favorisent les naissances de sangliers. Comme le rappellent certains biologistes, à cette époque, leur population peut doubler ou tripler. Ce 19 mars 2026, le gouvernement catalan a tenu à rappeler que les 25 pays touchés par la crise avaient mis en moyenne 14 mois pour éradiquer la maladie. De quoi laisser présager une crise durable.