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L’eau, un aliment de la plus haute importance pour les laitières

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Aménagement - L’eau, un aliment de la plus haute importance pour les laitières
Il faut compter 10 cm d’abreuvoir par vache en été. Si cette distance est insuffisante, des bacs amovibles peuvent être ajoutés. © M.-F. Malterre

Vérifier le nombre et l’emplacement des abreuvoirs dans la stabulation est une assurance pour un abreuvement correct des animaux.

Souvent les vaches ne boivent pas assez. « Pourtant, c’est le premier aliment de la ration », insiste Dominique Lagel, du BTPL (Bureau technique de promotion laitière). Avec Bertrand Fagoo, de l’Institut de l’élevage, le conseiller a présenté, le 12 janvier 2021, différentes solutions pour « adapter les bâtiments d’élevage laitier aux conditions chaudes », dans le cadre d’un webinaire. Le contrôle de l’abreuvement figurait en première position.

De forts besoins en été, jusqu’à 160 litres par vache

L’enjeu d’un apport d’eau suffisant est d’autant plus important que les ruminants sont sensibles à la chaleur. Dès 22 °C, avec un taux d’humidité relative de 50 %, ils ressentent de l’inconfort. Cela se répercute sur la production laitière et sur leur santé.

Couvrir les besoins est donc essentiel. En été, ils peuvent doubler pour atteindre 160 l pour une vache produisant 30 l/j de lait. Ainsi, pour 100 VL, on peut passer d’une consommation habituelle de 10 000 à 16 000 l/j en période de fortes chaleurs. « Le réseau doit être capable d’absorber cette hausse de consommation », souligne Dominique Lagel.

Il existe des points de repère pour aménager des conditions idéales. La mesure de la largeur disponible pour boire en fait partie. « Il faut prévoir 10 cm par vache en été, explique le spécialiste du BTPL. En hiver, 6 à 7 cm par vache sont à même de convenir. Lorsque cette distance est insuffisante, des bacs amovibles peuvent être ajoutés, notamment pendant la saison estivale. »

L’observation des animaux est un autre point important et certaines situations doivent alerter. « Si des vaches attendent leur tour pour boire, par exemple, c’est que le nombre de points d’eau n’est pas suffisant », assure Dominique Lagel. Les dominantes monopolisent l’espace et les autres sont lésées. Une attention particulière de l’aménagement en sortie de salle de traite est indispensable, car c’est un endroit que les animaux privilégient pour boire. Il est judicieux que l’ensemble des vaches d’un même lot puisse avoir une place en même temps.

Bannir les couloirs étroits

Attention, également, au positionnement des bacs. « Situés dans des couloirs trop étroits, leur accès est difficile », ajoute Dominique Lagel. Il faut compter au moins 3,6 m de dégagement pour une circulation fluide des animaux autour du point d’eau.

Autre indice qui doit mettre la puce à l’oreille : un bruit de succion lorsque les vaches boivent. « C’est le signe que le débit d’eau et la hauteur d’eau dans l’abreuvoir sont insuffisants », souligne l’expert. Il doit toujours y avoir au moins 7 cm d’eau au fond du « réservoir » pour que l’animal puisse suffisamment immerger son museau. Un flotteur positionné trop bas avec un débit trop faible peut être responsable de cette situation. Un contrôle de l’équipement, par conséquent, s’avère utile.

Rigueur de propreté exigée

« Le débit doit atteindre 15 à 20 l/min, voire 30 l, déclare le conseiller. Pour le contrôler, il suffit de prendre un seau et un chronomètre et de se placer en bout de ligne au niveau d’un robinet ou d’un abreuvoir. » Si les mesures ne répondent pas aux préconisations, l’augmentation de la réserve du bac se révèle une solution pour contourner le problème.

Offrir une eau toujours propre est un autre point de vigilance essentiel. C’est d’autant plus important en été car la réserve peut rapidement se transformer en bouillon de culture sous l’action de la chaleur. Passer en revue l’ensemble des bacs régulièrement et les récurer avec une brosse apparaît donc indispensable. Tous les modèles d’abreuvoir du commerce ne sont pas toujours faciles à nettoyer. Au moment de l’achat, il convient de vérifier que la vidange est aisée grâce à une bonde qui se dévisse facilement ou à un réservoir basculant (voir la photo ci-dessus). « Il est inutile de réfléchir à des rations très élaborées si le système d’abreuvement est défaillant puisqu’elles ne pourront pas être valorisées, insiste Dominique Lagel. Les anciens bâtiments sont sûrement à examiner de plus près car ils ont été conçus à une époque où les préoccupations concernant l’abreuvement étaient moins importantes. »

M.-F. M.

Un plan d’action en sept étapes

Chaque été, des records de températures sont battus. Pour limiter l’impact de cette chaleur, le groupe Bâtiments d’élevage de demain, de l’interprofession laitière (Cniel) (1), a élaboré un plan d’action en sept étapes :

• La vérification des points d’abreuvement. Elle arrive en tête du dispositif ;

• La mise à disposition d’aliments appétents ;

• L’aménagement d’ombre au pâturage ;

• La réduction du rayonnement direct et indirect du soleil à l’intérieur des bâtiments ;

• L’amélioration de la ventilation naturelle dans la stabulation (2) ;

• L’installation d’une ventilation mécanique intervient lorsque la ventilation naturelle n’est pas suffisante. Elle arrive seulement en deuxième intention ;

• L’installation de la brumisation ainsi que celle du douchage est à envisager « en dernier recours et avec précaution », soulignent les experts.

(1) L’Institut de l’élevage et le BTPL ont conduit ce projet financé par le Cniel.

(2) Voir La France agricole n° 3837 du 7 février 2020.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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