La population française de loups affiche une forte dynamique. Selon l’estimation de l’Office français de la biodiversité (OFB), elle a progressé de 624 à 921 loups à la sortie de l’hiver 2021-2022, selon les chiffres présentés ce 27 juin 2022 à Lyon lors d’une réunion du groupe national loup.

 

Pour autant, le compte n’y est toujours pas, selon le syndicalisme majoritaire (FNSEA, JA, FNO, FNB, FNC) et les chambres d’agriculture. « La plupart des indices de présence de loups remontés n’ont pas pu être traités dans le cadre du dispositif de comptage de l’OFB, indiquent-ils dans un communiqué du 27 juin 2022. L’effectif annoncé ne correspond pas à la réalité de la population lupine. »

Le prélèvement passe de 118 à 174 individus pour 2022

Compte tenu de la nouvelle estimation, et conformément au plafond de 19 %, le préfet coordonnateur du Plan loup a annoncé un relèvement du nombre de prélèvements de 118 à 174 individus dans un communiqué de presse publié le 27 juin. Mais ce chiffre est bien en dessous du souhait des syndicats qui demandent le prélèvement de 300 individus pour 2022.

 

Le collectif syndical et les chambres d’agriculture souhaitent aussi que les bovins demeurent sous statut « non protégeable ». Ils sollicitent en contrepartie que les éleveurs disposent de tirs de défense simple dans les zones de présence permanente.

Pas de plafond pour les loups

La Coordination rurale s’inquiète aussi à la sortie de la réunion du GNL face à l’augmentation de la population lupine. « Les chiffres ne reflètent toujours pas la réalité du terrain, déclare Alain Pouget, en charge du dossier pour le syndicat. Le plus inquiétant, c’est qu’aucune limite n’est fixée. Il n’y a pas de chiffre au-delà duquel, on dirait stop. »

 

En attendant le nombre d’attaques à la mi-mai 2022 s’affiche à la hausse. 9 % d’attaques supplémentaires sont recensées par rapport à la mi-mai 2021.

Généraliser le Cercle 3

Pour la Confédération paysanne, l’objectif central des prélèvements doit être la baisse de la prédation. Elle insiste dans un communiqué du 27 juin, pour que les prélèvements soient effectués en fonction des dégâts aux troupeaux et non dans un cadre de gestion de l’espèce.

 

Le syndicat s’inquiète de l’expansion du prédateur aussi bien en Bretagne, qu’en Normandie ou le Centre Val de Loire. « Le ministère de l’Agriculture doit donner les moyens aux éleveurs-euses pour anticiper leur protection. La mise en place du Cercle 3 sur l’ensemble du territoire doit se faire dès 2023 », soutient-il.

 

France Nature Environnement se réjouit de « l’expansion à la fois numérique et géographique de l’espèce ». L’association alerte sur le fait que les prélèvements ne doivent pas être utilisés pour réguler la population de loup, ni la cantonner géographiquement. Elle estime que ce doit être l’ultime recours « dans le cas où la protection n’a pas rempli ses objectifs ».