C’est un bilan noir de la prédation qui a été présenté à Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture vendredi 30 septembre 2022, lors de la table-ronde organisée à Digne-les-Bains par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence.

« Les attaques de loups continuent de progresser dans les Alpes-de-Haute-Provence, insiste Laurent Depieds, président de la FDSEA du département. Plus de 1500 victimes sont recensées depuis le début de l’année. Les loups sont présents partout dans notre département. Des attaques ont lieu près des habitations dans les lotissements. Les prédateurs sont même rentrés à deux reprises dans les bergeries. » Le responsable syndical dresse un tableau grave de la situation et estime que la législation n’est « plus adaptée ».

Un plan pour l’élevage

« Ce n’est pas d’un plan loup dont nous avons besoin, mais d’un plan élevage », insiste Laurent Depieds. La pression est de plus en plus lourde sur les bergers. De nombreuses exploitations doivent par ailleurs faire l’avance des frais pour la mise en œuvre des moyens de protection. « Sans compter les 20 % qui restent à la charge des exploitations, précise-t-il. À l’échelle d’une année cela représente 4000 euros en moyenne. »

Pour le responsable, la Pac ne devrait pas servir à financer la protection des troupeaux. C’est aussi l’avis du ministre de l’Agriculture qui s’est exprimé le 26 septembre sur le sujet à la Commission européenne. Après la table-ronde, le ministre s’est rendu sur une exploitation de Seyne-les-Alpes où il a suivi jusqu’à tard dans la nuit la réalité d’une exploitation prédatée.