La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, interrogée sur la publication de la future Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), maintes fois reportée, a donné ce mardi 3 février 2026 « rendez-vous dans quelques jours ».
« Quand le gouvernement présentera-t-il cette stratégie attendue depuis des mois avec un cap clair de réduction de la consommation de produits ultratransformés ? », lui a demandé Agnès Pannier-Runacher, députée de Renaissance et ancienne ministre, à l’Assemblée nationale. « Allez-vous soutenir la proposition de loi de ma collègue Olivia Grégoire visant à instaurer une éducation à l’alimentation à l’école ? Soutiendrez-vous une proposition de loi qui définisse, sur la base d’un consensus scientifique, l’alimentation ultratransformée ? », a-t-elle encore interrogé.
Souveraineté française et européenne
Affirmant que « nous devons être au rendez-vous de la santé publique et de la justice sociale, mais aussi de la souveraineté, française et européenne », Stéphanie Rist a indiqué qu’elle « donne rendez-vous dans quelques jours pour collectivement partager nos ambitions ».
La ministre de la Santé a précisé porter « une attention particulière à plusieurs leviers concrets : la promotion du Nutri-score, la réduction effective de l’exposition des enfants aux publicités pour des produits trop gras, trop sucrés, trop salés, l’amélioration de la qualité nutritionnelle des produits ». En revanche, sur « les produits ultratransformés, nous allons poursuivre les travaux scientifiques de recherche sur leur caractérisation, qui recouvre des réalités très hétérogènes », a-t-elle ajouté.
Préférence européenne pour la commande publique
Quant au calendrier, « le gouvernement a fait le choix d’un décalage afin d’intégrer pleinement les annonces récentes du Premier ministre sur la commande publique, notamment la priorité donnée à la consommation européenne », a justifié Stéphanie Rist.
Une publication de la nouvelle stratégie pour l’alimentation, la nutrition et le climat, attendue depuis plus de deux ans, avait été suspendue à la fin de novembre par Matignon, alors qu’elle avait été présentée à la presse et suscitait déjà des critiques d’associations. Elle avait été précédée de mois d’allers-retours ministériels et de controverses, notamment sur la consommation de viande, les publicités pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des mineurs ou les aliments ultratransformés.
Censée définir l’action du gouvernement d’ici à 2030 pour une alimentation saine et moins émettrice de gaz à effet de serre, cette stratégie est issue de la Convention citoyenne sur le climat et de la loi Climat et résilience ayant suivi en 2021. Elle devait être présentée avant juillet 2023. « C’est une vraie chimère », avait réagi à la fin de novembre Serge Hercberg, cocréateur du Nutri-score, pour lequel « ce que l’on pressent, c’est le poids des lobbys. »