En mars 2023, le solde des échanges de produits agricoles bruts est de 26 millions d’euros, constate Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’infos rapides publiée ce lundi 15 mai 2023. Si le solde reste excédentaire, il est inférieur de 507 millions à celui de mars 2022. Cette évolution résulte presque autant de la diminution du solde commercial avec les pays tiers qu’avec l’Union européenne.

Recul de plus d’un tiers des ventes françaises de céréales

Les exportations de produits bruts s’élèvent à près de 1,9 milliard d’euros. Elles reculent de 14 %, soit 303 millions d’euros, par rapport à mars 2022. Au premier rang, les ventes de céréales, principalement de blé tendre et de maïs, atteignent 889 millions d’euros et chutent de 373 millions d’euros sur un an.

Cette forte baisse, Agreste l’explique à la fois par la diminution des volumes exportés et celle des prix à l’exportation du blé tendre par rapport à mars 2022. Elle est en partie contrebalancée par la hausse des ventes de légumes, principalement des tomates et des pommes de terre, pour 93 millions.

Les importations s’élèvent, quant à elle, à 1,9 milliard d’euros. Elles augmentent de 204 millions d’euros par rapport à mars 2022, soit +12 %. Les plus fortes hausses concernent les légumes, principalement des tomates, des poivrons et des pastèques en provenance du Maroc et de l’Espagne, avec 90 millions d’euros de plus, et les graines oléagineuses (+89 millions sur un an).

Davantage d’achats de viandes et de produits issus de l’abattage

L’excédent des échanges de produits transformés (industries agroalimentaires et tabacs) recule à 499 millions d’euros en mars 2023, soit 144 millions d’euros de moins qu’en mars 2022. La baisse de l’excédent commercial concerne exclusivement les échanges avec l’Union européenne, qui chutent de 243 millions d’euros.

Toujours sur la même période, en mars 2023, les exportations représentent 5,6 milliards d’euros. Elles progressent de 266 millions d’euros sur un an, soit +5 %. Cette évolution repose principalement sur les ventes des « autres produits alimentaires », notamment les aliments diététiques, mais aussi le chocolat et les confiseries, dont les exportations progressent de 156 millions sur un an.

Concernant les importations, elles s’élèvent à 5,1 milliards d’euros. Elles augmentent de 410 millions sur un an, soit +9 %. Les achats de viandes et de produits issus de l’abattage, principalement de la viande de porc espagnole et de la viande de volailles de Belgique et des Pays-Bas, progressent plus particulièrement de 122 millions d’euros.

C’est aussi le cas des produits issus de la transformation des céréales (première et deuxième) et des boissons. Ces dernières sont portées par les achats de bières en provenance de Belgique et des Pays-Bas, mais aussi de boissons rafraîchissantes non alcoolisées et d’eaux en bouteille, qui augmentent respectivement de 119 et 66 millions d’euros sur un an.

L’excédent agroalimentaire français chute de 55 % en un an

En mars 2023, l’excédent commercial agroalimentaire est de 525 millions d’euros, plus faible niveau pour un mois de mars depuis 2009. Il chute de 55 %, soit 651 millions d’euros par rapport à mars 2022. Ce résultat est la conséquence d’une croissance de 614 millions d’euros des importations (+10 %) alors que les exportations restent quasi stables avec une baisse de 37 millions.

Avec les pays tiers, l’excédent est de 641 millions d’euros. Il recule de 162 millions sur un an. Au total, l’excédent des échanges de produits transformés avec les pays tiers augmente de 99 millions d’euros sur un an et le déficit commercial des produits bruts se creuse de 261 millions.

Avec l’Union européenne, le solde perd 488 millions sur un an et est de nouveau déficitaire, soit une baisse de 116 millions d’euros. La croissance de 14 % des importations est en effet nettement supérieure à celle des exportations de 2 %.