Cette année, la demande en bioéthanol est en progression dans l’Union européenne avec la hausse des immatriculations de véhicules hybrides fonctionnant à partir d’essence, et en raison de l’explosion de la demande en E85 plus économique que les autres types de carburants.

Malgré ce marché plutôt dynamique du côté de la demande, les marges de production des industriels européens sont négatives à l’heure actuelle. Elles sont largement pénalisées par le coût du gaz, dont l’envolée fait exploser les coûts de production de l’éthanol dans les usines. De plus, le prix de l’éthanol est sous la pression de la concurrence brésilienne et américaine, qui arrive à des prix très compétitifs dans les ports européens.

Ainsi, plusieurs industriels ont commencé à réduire les taux d’activité de leurs usines. Cette situation économique défavorable pourrait même mener à des arrêts temporaires d’activité dans les prochains mois. En conséquence, la production européenne de bioéthanol est prévue en recul en 2022-2023 (juillet-juin) en raison d’importations à un niveau record.

La consommation de céréales de ce secteur industriel est prévue en recul cette année, de près de 7 % pour le blé, et même de 15 à 20 % pour le maïs. Cela représente plus de 1 million de tonnes de céréales en moins utilisés dans cette industrie d’une campagne sur l’autre.

Forte concurrence des huiles recyclées dans le biodiesel 

Sur le marché du biodiesel, à l’inverse de l’éthanol, la consommation européenne est prévue en recul en 2022-2023. En effet, le nombre de voitures fonctionnant au diesel est en recul en raison de l’expansion des véhicules électriques et hybrides, ce qui fait reculer sur la consommation de biodiesel de l’Union. Et les taux d’incorporations du biodiesel plafonnent, la législation européenne limitant l’usage du biodiesel de première génération à 7 % dans le diesel.

De plus, de nombreux pays européens valorisent aujourd’hui le biodiesel à partir d’huiles recyclées par le double comptage (une tonne de ce biodiesel dit de seconde génération comptant pour deux). Ainsi, la demande européenne en biodiesel de première génération recule, entraînant une baisse de la production.

La consommation d’huiles végétales est de ce fait attendue en diminution cette année. Les huiles de palme et de soja, dont l’usage est restreint dans plusieurs États Membres, sont les plus affectées (-10 à 15 %). L’huile de colza sort néanmoins son épingle du jeu, favorisée par la législation et par de bonnes marges de production industrielle.