Avec une estimation de 176 000 tonnes, la production française de concombre serait en recul de 10 % par rapport à celle de l'année dernière, selon les échantillonnages compilés au 1er septembre par le service de la statistique du ministère de l'Agriculture, Agreste. Cette chute s'explique par deux facteurs : la baisse des surfaces et la réduction du chauffage des serres. 

Baisse des surfaces sous serres

En septembre, les surfaces de concombre ont été revues à la baisse par rapport aux estimations du début de la campagne. Avec 807 hectares, elles sont en forte baisse par rapport aux 1087 hectares de l'année dernière. Cette réduction de plus d'un quart (26 %) se ressent surtout pour les surfaces sous serres (–30%). Les surfaces de plein air connaissent une baisse de 18 %. Le renchérissement de l'énergie pour chauffer les serres a sans doute conduit de nombreux producteurs à réduire leur activité. Dans le détail, les surfaces en serres chauffées sont de 364 hectares, celles en serres froides de 131 hectares et celles en plein air de 312 hectares.

La production s'en ressent. À 176 000 tonnes estimées contre 196 000 tonnes en 2021, elle serait en recul de 10 %. Ce retrait est moins violent que la baisse des surfaces. Mais là encore, elle s'explique par le coût de l'énergie puisque la baisse de la production se constate surtout au début de la campagne, quand il faut encore chauffer les tunnels. 

Fermeté des prix

Le cas du Centre-Ouest mérite un coup d'œil. La baisse de la production y est nettement plus élevée qu'ailleurs : –24 %. Cette chute s'explique par deux phénomènes climatiques. Le premier, c'est la chaleur estivale qui a produit un stress sur les plantes. Le second, ce sont des orages de grêle qui ont détruit les champs dans l'Orléanais. 

L'offre disponible était insuffisante pour alimenter une demande soutenue durant cet été au climat particulièrement propice à la consommation de légumes rafraîchissants. Conséquence : les prix ont été très soutenus sur les marchés. En août, ils dépassaient de 80 % les prix de l'année dernière et de 50 % la moyenne des cinq dernières années.