« Ici, toutes les filières sont dans le rouge, on ne va pas couler sans rien faire, s’exclame Eric Massou, secrétaire général adjoint de la CR de Haute-Garonne. En céréales, les prix sont catastrophiques et les éleveurs bovins ont tous peur de la DNC… »« On est dans des départements, des régions, où les revenus sont les plus faibles de France. Il faut nous aider ! », abonde Christophe Campourcy, membre du bureau départemental Haute-Garonne de la FDSEA. Lui se trouve au sud de Toulouse, aux portes de la ville rose, sur l’un des nombreux points routiers où les agriculteurs ont été stoppés par les forces de l’ordre.
« On a été entravés. Notre objectif était d’aller sur la rocade toulousaine mais les gendarmes nous ont arrêtés avant », assure Eric Massou. Ces actions ont toutefois paralysé Toulouse pendant de longues heures. Il faut dire que la préfecture avait interdit cette manifestation, mettant en avant le fait qu’elle n’avait pas été déclarée dans les délais. Elle avait également émis des arrêts interdisant la circulation des tracteurs. Plusieurs agriculteurs auraient d’ailleurs été placés en garde-à-vue, ce que dénoncent les personnes mobilisées.
L’unité syndicale se renforce
Le point principal de la mobilisation intersyndicale, ici, porte sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse. « On veut la fin de l’abattage total des troupeaux touchés, résume Mathieu Maronese, secrétaire général adjoint des JA de Haute-Garonne. On milite pour l’application du protocole alternatif que nous avions proposé il y a plusieurs semaines ».
L’unité syndicale – cette manifestation ayant été réalisée à l’appel de la Confédération paysanne, de la Coordination rurale, des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA — a en effet débuté en décembre avec la proposition d’un protocole « alternatif » basé sur l’abattage uniquement des animaux testés positifs à la DNC et une surveillance rapprochée du troupeau.
« Mais, déjà, depuis décembre, nous portons en commun 4 autres revendications, argumente Jonathan Kirchner, secrétaire général de la Confédération paysanne 31. D’abord le refus du Mercosur. Ensuite, la révision du protocole sur lequel l’État s’appuie pour classer 100 communes supplémentaires du département en zone sensible, alors que, dans ces communes, les agriculteurs sont déjà en grande difficulté financière. Le combat, aussi, contre le MACF. Cette taxe sur les engrais va impacter les céréaliers, qui sont déjà fortement touchés par des marchés très bas. Et l’appel à une réflexion sur les infrastructures et les stratégies pour retenir l’eau, car on subit très fortement le changement climatique. »
Notons que des blocages sont toujours en cours, sur l’autoroute A 64, à hauteur de Carbonne et Tarbes. À Carbonne, les agriculteurs sont présents sur ce barrage depuis 28 jours désormais.