Le tandem président-directeur à la tête du groupe coopératif Dijon Céréales, constitué par Didier Lenoir et Christophe Richardot, a dû céder la place à une nouvelle équipe au 1er janvier 2026. Il a été remis en cause à la suite de mauvais résultats (–17 millions d’euros en 2024-2025 pour un chiffre d’affaires consolidé de 506 millions d’euros) et d’une divergence stratégique (fusion avec le groupe coopératif Vivescia, plutôt qu’un ancrage régional). La nouvelle équipe, menée par Benoît Collardot (président) et Simon Bilbot (ancien responsable du pôle de distribution et nouveau directeur général), a diligenté un audit financier et économique.
Changer le fonctionnement
Le 9 décembre 2025, l’assemblée générale de Dijon Céréales s’est tenue à huis clos dans une atmosphère tendue. Des adhérents inquiets ont questionné la gestion des anciens dirigeants. « Depuis 2018, les fonds propres de la coopérative ont fondu de 50 millions d’euros », dénonçait ainsi Clément Babouillard, agriculteur sur les plateaux de Bourgogne et ancien administrateur. Et de pointer l’ancien mode de gouvernance de la coopérative : « Tenu à l’écart des décisions, le conseil d’administration n’était pas souverain. Avec la nouvelle équipe, les modes de fonctionnement vont changer. Espérons que notre coopérative sorte grandie de ses difficultés. »
Consolider les comptes de la coopérative
Benoît Collardot reconnaît que « les résultats financiers sont mauvais ». Mais il souligne que « pour la moitié d’entre eux, ce sont des pertes exceptionnelles qui n’affectent pas la solvabilité de l’entreprise ». Selon le nouveau président, la stratégie de développement et de communication va être remplacée par une autre, recentrée sur les métiers de base (approvisionnement et collecte). « Nous continuerons à accompagner humainement les projets d’agroénergie (méthanisation et agrivoltaïsme), mais sans y investir de capital. Malgré les pertes subies en 2024-2025 à cause d’un retard de mise en route, la participation de Dijon Céréales dans le méthaniseur Secalia à Cérilly (1), n’est pas remise en cause. »
Un travail de fond a été lancé pour consolider les comptes de la coopérative et retrouver de la compétitivité. Les leviers d’action identifiés seront présentés d’ici à la fin de janvier aux 3 400 adhérents et 765 collaborateurs.
(1) 100 % végétal, approvisionné par 150 exploitations et géré avec Shell biogaz.