Le ministre britannique du Brexit, Lord Frost, a fixé l’échéance de décembre pour que le Royaume-Uni et l’Union européenne réforment le protocole d’Irlande du Nord, établi dans le cadre de l’accord sur le Brexit. Celui-ci empêche la mise en place d’une frontière dure entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Il permet le maintien de la première au sein du marché unique européen, mais cause des problèmes importants aux agriculteurs et transformateurs.

Obstacles administratifs

Les produits alimentaires qui arrivent en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne subissent des contrôles douaniers renforcés. En raison de cette charge administrative supplémentaire, certaines entreprises alimentaires britanniques ont réduit leurs ventes. Elles réclament la suppression du protocole, tout comme les agriculteurs nord-irlandais, qui font face à une réglementation difficile concernant les mouvements de bétail et le contrôle des maladies. Cela les empêche de vendre ou d’acheter leurs animaux en Grande-Bretagne, alors qu’ils sont nombreux à renouveler leur troupeau de cette façon.

À titre d’exemple, les éleveurs qui souhaitent vendre du bétail de race en Écosse et dans le nord de l’Angleterre pour obtenir des prix plus élevés, et qui ne trouvent pas preneur, ont actuellement l’obligation de laisser leurs animaux en Grande-Bretagne pendant six mois en quarantaine, ce qui est financièrement impossible.

Éleveurs dans la tourmente

James Alexander, éleveur de bovins et d’ovins, rencontre ainsi des difficultés. « Les autorités sont conscientes du problème, mais aucune solution n’est apportée, explique-t-il. J’achète régulièrement des agneaux en Écosse. Je dois en acheter mille de la race Cheviot Mule et, plus tard en saison, des gimmers. Des agriculteurs et des commissaires-priseurs m’appellent tous les jours pour savoir si je suis preneur, mais je ne peux pas leur donner de réponse. Si je rate ces ventes, je devrais passer mon tour pour les agneaux de la saison prochaine. Je ne sais vraiment pas quoi faire. Les gouvernements doivent restaurer le trafic de vente traditionnel auquel nous sommes habitués depuis des décennies. »

Le ministre de l’Agriculture nord-irlandais, Edwin Poots, assure qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour que les décideurs britanniques et européens mesurent les conséquences néfastes des accords existants. « Il est évident que les accords actuels perturbent nos processus commerciaux, créant des obstacles à la libre circulation des marchandises, dont les plantes, les arbres, les graines de céréales, les animaux de compagnie, ainsi que l’élevage de bétail, et imposant des charges inutiles et inacceptables, à la fois à mon département et à nos entreprises », affirme-t-il.

Le plus grand parti politique d’Irlande du Nord, le DUP, a déclaré qu’il ferait tomber le gouvernement si le protocole nord-irlandais n’était pas aboli.

Chris McCullough