C'est l'absurdité de la situation qui a fait réagir Huguette Huel et Geneviève Leclech, agricultrices à Belle-Île. La moitié des quarante agriculteurs font de la vente directe. « En 2006, une circulaire sanitaire demandait de mettre nos abattages de volailles aux normes. C'était une menace sur la vente directe. Surtout que l'abattoir municipal pour porcs, ovins, chevreaux et veaux était lui aussi obsolète (1). Pour le sauver, certains pariaient sur la relance hypothétique de la production ovine. Nous pensions que la vente directe était un meilleur argument », explique Genevière

Menace levée 

L'association « Le Coin des producteurs » est créée pour redynamiser la vente directe : « C'était un groupe de producteurs et de consommateurs. Nous étions une majorité de femmes car, souvent, ce sont elles qui s'occupent de la vente », explique Huguette. Le Centre d'initiation à l'environnement accompagne leur réflexion.

Mais La DSV du Morbihan rejette leur projet de camion d'abattage itinérant pour les volailles. Chaque producteur se met alors aux normes pour les abattre. Tout en poursuivant l'idée de créer un point de vente collectif. Après deux années d'itinérance, « Le Coin des producteurs » se pose en mai 2009 dans un local de la zone artisanale de Mérézelle. L'été, le vendredi et le samedi, il attire 100 à 150 clients. « Le local est aussi équipé d'un atelier de découpe », souligne Geneviève.

Le groupe, qui compte seize producteurs et trente-huit cotisants solidaires, a bénéficié du soutien des communes et de la communauté de communes de Belle-Île. « En juillet, le nouvel abattoir sera inauguré. Il sauvera l'agriculture locale et quatre emplois », espère Huguette.

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(1) Les gros bovins sont abattus sur le continent.

par Marie-Gabrielle Miossec et Frédérique Ehrhard