Pour la troisième année consécutive, les consommateurs pourront ainsi participer aux rencontres « Made in viande ». Sur le site la-viande.fr, ils peuvent repérer près de chez eux un élevage, un atelier de découpe, une entreprise d’abattage, une boucherie, une GMS ou un restaurant collectif qui propose des horaires de visite. Des professionnels volontaires, fiers de leur métier, les attendent pour montrer leur savoir-faire, mais surtout que le bien-être animal est désormais la priorité de chacun.

Pour lancer ces journées auprès de la presse, Interbev a choisi la région lyonnaise, et plus particulièrement le Rhône, haut lieu de la gastronomie française. C’est aussi accessoirement une des régions victime des intrusions illégales des associations de « libération animale » dans les abattoirs.

Un troupeau calme

Dans les prés de Véronique Laby, à Brignais, 55 limousines paissent tranquillement, à peine dérangées par ces étranges visiteurs, armés de leurs appareils photos. L’agricultrice, dont le troupeau est inscrit au Herd-Book limousin, participe depuis trois ans aux rencontres « Made in Viande ». Elle ouvre sa ferme en arborant fièrement le tee-shirt « La viande c’est nous ». « Nous sommes de moins en moins nombreux. C’est important de partager notre métier », explique-t-elle.

Véronique Laby, éleveuse à Brignais. © M.-G. Miossec/GFA

C’est aussi ce que pense Alexandre Berthelot, jeune commerçant en bestiaux de 23 ans, basé à Fleurieux. Sa famille est dans la profession depuis cinq générations. Destinés à l’exportation, leurs animaux sont transportés pour la plupart dans leurs propres camions. « Nous vendons des animaux vivants, payés au poids. Ils sont bien traités, alimentés, abreuvés. C’est une question de respect de l’animal. Mais aussi notre intérêt commercial », souligne le jeune homme, membre de la commission jeune de la Fédération nationale des commerçants en bestiaux.

© M.-G. Miossec/GFA

Des métiers dont est fier chaque acteur

Le même respect des règles est souligné dans l’abattoir et l’atelier de découpe de Saint-Romain-de-Popey. C’est la directrice qui fait visiter cet abattoir public, nickel, alors que les abattages viennent juste de s’achever. Elle connaît sur le bout des doigts les règles de bien-être appliquées strictement de la bouverie à la zone d’abattage. La société Socapel représente une grande part des abattages de cet abattoir. Dans l’atelier de découpe attenant qui lui appartient, la Socapel met en évidence les règles d’hygiène et la traçabilité des produits.

Enfin, près de Lyon, à Saint-Genis, la boucherie Bellemin-Noël, située dans la galerie commerçante d’une grande surface, vient d’être entièrement rénovée. Elle s’approvisionne uniquement auprès des filières de qualité, locales si possible. Ici, la transparence est à l’honneur. Les bouchers parent, découpent et préparent la viande dans un laboratoire ouvert, juste derrière les comptoirs, face aux clients.

© M.-G. Miossec/GFA

Les messages de ces journées se lisent en filigrane des visites : des métiers dont est fier chaque acteur, qui attirent aussi des jeunes, qui respectent à la fois un savoir-faire tout au long de la filière, qui se soucient de bien-être animal et qui se veulent transparents. Avec une limite cependant : des visites moins nombreuses et parfois réservées aux professionnels ou aux journalistes pour les abattoirs en activité.

Marie-Gabrielle Miossec