Le gouvernement ne proposera pas d’autoriser les promotions à 50 % sur les produits alimentaires, a appris une journaliste de l’AFP mardi 5 juillet 2022 auprès de Bercy. Cette décision a été prise après la forte opposition des représentants des agriculteurs à cette suggestion formulée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, le 4 juillet sur France Inter au micro de Léa Salamé.

S’il s’avère que les dispositifs actuels ne profitent pas aux producteurs, « il faudra réfléchir à la possibilité de les modifier », avait indiqué le ministre de l’Économie, suggérant par exemple des promotions à 50 %, au lieu des 34 % autorisés.

Ne pas revenir sur les acquis d’Egalim

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Egalim 1, à la fin de 2018, les promotions sur les produits alimentaires ne doivent pas dépasser 34 % pour tenter de préserver la rémunération des agriculteurs.

Après avoir reçu mardi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, et Arnaud Gaillot, président de Jeunes Agriculteurs, le ministre « s’est engagé à ne pas mettre en œuvre cette proposition, qui n’était encore qu’une suggestion, à l’issue de la mission confiée à l’Inspection générale des finances (IGF) » sur la formation des prix alimentaires, explique-t-on au ministère de l’Économie.

Le ministre a « entendu » et « compris les inquiétudes » des agriculteurs sur les conséquences éventuelles d’une telle mesure sur la juste rémunération des producteurs, explique-t-on à Bercy, où on juge inutile « d’attiser les angoisses » dans le monde agricole.

Dans un communiqué du 5 juillet, la FNSEA et JA se félicitent « que le ministre réaffirme son soutien plein et entier aux dispositifs qui ont permis de remettre en marche avant la construction des prix agricoles et de sanctuariser le prix des matières premières agricoles dans les négociations entre industriels et grande distribution ».

La mission sur la fixation des prix maintenue

L’entourage du ministre précise toutefois qu’il continue d’avoir à cœur de concilier prix bas pour les consommateurs et juste rémunération des producteurs en ces temps d’inflation.

La mission de l’IGF sera donc bien lancée pour examiner la fixation des prix d’un ensemble de produits du quotidien.

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont accepté d’y participer, selon Bercy, qui rappelle qu’un guichet unique, via une adresse mail, est ouvert depuis ce mardi auprès de la DGCCRF, où les acteurs de l’alimentaire peuvent faire remonter des signalements sur les prix des produits.

Marie Salset, avec l’AFP