Durant cet entretien, il a été question de Pac et du calendrier de paiement des aides. « On lui a parlé de cas très spécifiques, notamment des gens qui n’ont pas fait d’ATR [apport de trésorerie remboursable, NLDR] quand c’était possible parce qu’ils pensaient être payés dans trois mois, mais ça fait deux ans maintenant, expose Laurent Pinatel. Il nous a dit qu’il allait regarder la faisabilité d’un nouvel ATR pour ces gens-là. »

Au-delà des paiements, la Pac est source de désaccord avec le ministre, notamment le paiement redistributif sur les 52 premiers hectares aujourd’hui fixé à 10 % alors qu’il devait monter à 15 % l’an dernier. Le syndicat veut au moins atteindre ce palier, voir viser les 20 % prévus initialement. Le ministre a répondu qu’il n’avait pas le dossier en main depuis assez longtemps pour augmenter ce seuil cette année.

Un ministre « a l’écoute » sur les PNPP

La Confédatation paysanne a aussi abordé la question des néonicotinoïdes. « Il faut donner le moyen aux paysans de sortir des pesticides, mais aujourd’hui c’est une béquille chimique », a rappelé Laurent Pinatel. « Par contre, on a eu une oreille attentive sur les PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes), explique Temanuata Girard, secrétaire générale du syndicat. Le ministre ne connaissait pas ces produits. On lui a demandé qu’ils aient les mêmes dérogations que peuvent avoir les néonicotinoïdes par exemple. »

Dédommager la sécheresse et le gel

Il a également été question des derniers événements climatiques. Le syndicat a demandé un plus gros investissement de l’État dans le fonds national de gestion des calamités agricoles pour aider les paysans victimes de la sécheresse. Le syndicat voudrait même étendre ce dispositif aux agriculteurs victimes du gel qui n’avaient pas les moyens de s’assurer. « Le problème de fond, c’est le revenu des paysans, s’ils avaient du revenu, ils pourraient passer une année de sécheresse ou s’assurer », assène Laurent Pinatel.

« Ne pas bâcler les États-généraux de l’alimentation »

Le revenu justement, il sera au cœur des débats des prochains États-gèneraux de l’alimentation. « On sent bien que c’est un sujet qui parle dans les réseaux de la Confédération paysanne », confie Laurent Pinatel. D’ailleurs, les syndicalistes ont ressenti la même volonté chez Stéphane Travert que chez Nicolas Hulot de « calmer le jeu » sur le planning de ces États-généraux pour prendre le temps de réfléchir à la « transition agricole. C’est trop important pour être bâclé », insiste Laurent Pinatel.

Tanguy Dhelin