Les députés européens des commissions de l’agriculture et l’environnement du Parlement européen ont voté largement en faveur du projet de stratégie « De la ferme à la fourchette » présentée par la Commission en mai 2020 (94 pour, 20 contre, 10 abstentions). Cette stratégie fixe un cap pour « des régimes alimentaires équitables, respectueux des animaux, sains, de haute qualité et abordables ». Elle doit être débattue et votée en session plénière en octobre.

Quatre voies

Pour parvenir à « réduire l’empreinte environnementale et climatique » de l’agriculture de l’Union européenne, les eurodéputés mettent en avant quatre voies : davantage de terres en agriculture biologique, des objectifs de réduction contraignants pour l’utilisation des pesticides, la révision des normes sur le bien-être animal et une rémunération équitable des producteurs.

À l’issue du vote, l’italien Herbert Dorfmann (Parti populaire européen), rapporteur de la commission de l’agriculture, a demandé l’engagement de tous, y compris des consommateurs : « Les agriculteurs européens font déjà un excellent travail, alors lorsque nous leur demandons à juste titre de réduire davantage leur utilisation de pesticides, d’engrais et d’antibiotiques, nous devons les soutenir pour garantir leur viabilité économique afin que la production ne soit pas simplement déplacée en dehors de l’Union européenne. »

Élevage intensif et monocultures dans le viseur

Mais l’Union ne fonctionnant pas en vase clos, les normes européennes doivent aussi s’appliquer aux produits importés. « Un appel clair est fait pour ne plus autoriser les importations de produits animaux qui ne répondent pas aux normes de l’Union européenne, tels que la viande de cheval malveillante, et arrêter la ratification de l’accord UE-Mercosur », a appuyé par la néerlandaise Anja Hazekamp (The Left), rapporteure pour la commission de l’environnement.

« Les politiques agricoles et commerciales actuelles de l’Union européenne sont à l’origine de modèles agricoles nocifs pour l’environnement et ouvrent la voie aux importations de produits non durables. Cela doit changer », a-t-elle poursuivi, enjoignant à « s’éloigner des modèles agricoles non durables, tels que l’élevage intensif et les monocultures à forte utilisation de pesticides ».

Des lignes rouges franchies, pour le Copa-Cogeca

Si le syndicat des agriculteurs et coopérateurs européens, le Copa-Cogeca salue « certaines propositions et avancées intéressantes, en particulier en ce qui concerne l’innovation, la séquestration du carbone ou encore le commerce ».

Il dénonce en revanche « un nombre limité, mais très significatif de propositions (qui) franchissent des lignes rouges et remettent purement et simplement en question notre souveraineté alimentaire et l’avenir de notre agriculture ».

Sophie Bergot