En 2021, les prix des terres et prés non bâtis reculent en France. Les parcelles libres de location se sont négociées en moyenne en 2021 à 5 940 € par hectare (–2,3 % par rapport à 2020). La baisse est plus légère pour les biens loués : –0,4 % pour un montant moyen de 4 910 €.

C’est ce que révèle le dernier observatoire annuel des marchés fonciers des Safer présenté le 24 mai 2022 à Paris. Il est réalisé sur la base des informations tirées des notifications que leur adressent les notaires.

Le Nord-Est fait bande à part

C’est la deuxième fois depuis 1997 que le prix moyen d’un hectare de terre et pré libre diminue « dans un contexte de faiblesse des taux d’intérêt, de redressement des revenus agricoles et de forte progression des échanges », explique Loïc Jégouzo, adjoint au directeur des études à la FNSafer.

Cette valeur moyenne nationale cache cependant des situations variées selon les régions. Si dans le nord-est de la France, les prix ont augmenté en Île-de-France (+21 %), dans le Grand Est (+2,6 %) et dans les Hauts-de-France (+1,8 %), ils sont assez stables en Bretagne, Centre-Val de Loire, Normandie et Nouvelle-Aquitaine.

Mis à part l’Occitanie (–4,6 %) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (–22,1 %) dont les prix à l’hectare sont au-dessus de la moyenne nationale, les baisses de prix se retrouvent essentiellement dans les régions où les montants à l’hectare sont les moins élevés : Pays de la Loire (–4,8 %), Bourgogne-Franche-Comté (–4,7 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (–6,1 %).

Une baisse plus marquée dans les zones de grandes cultures

Même si en 2021 le prix moyen d’un hectare libre dans les zones de grandes cultures reste 59 % plus élevé (7 270 €) que celui dans les zones d’élevage bovin (4 570 €), celui-ci affiche une plus forte baisse (–5,3 %). Dans les zones de polyculture-élevage, le prix moyen est estimé à 5 910 € (–0,3 %).

Pour les biens loués, les prix dans les zones de grandes cultures continuent d’augmenter en revanche (+0,6 %, 6 260 €) comme pour l’élevage bovin (+1,7 %, 3 690 €). Les prix des parcelles louées diminuent en revanche dans les zones de polyculture-élevage (–2,1 %, 4 800 €).

Les acquisitions par des personnes morales progressent

Les surfaces de terres et de prés sont encore en majorité (50,9 %) acquises par des personnes physiques agricoles (exploitants et retraités inclus) mais cette part diminue. De plus en plus de sociétés d’exploitations se portent acquéreurs. C’est notamment le cas des SARL qui ont le plus fort taux d’accroissement en termes de surfaces (+32,6 %) et de valeur totale des transactions (+56,9 %).

Les Safer observent également en 2021 que les transactions (en nombre, en surface et en valeur) réalisées par des personnes physiques et morales non agricoles continuent aussi d’augmenter.

Alexis Marcotte