Le programme 143 du projet de loi de finances (PLF) pour 2021 n’a pas fini de faire réagir. Après la commission en charge de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, c’est au tour du Conseil national de l’enseignement agricole privé (Cneap) de s’opposer à l’enveloppe affectée à l’enseignement agricole via un communiqué du 2 décembre 2020.

Une mission non financée

Dans son communiqué, le Cneap souligne que pour la mission de contribuer à l’animation et à la dynamique des territoires définie par la loi Rocard, le projet de loi de finances pour 2021 ne prévoit aucun fonds spécifique. « Une déconsidération » pour le secrétaire général du Cneap, Philippe Poussin, qui pointe également du doigt, comme l’a fait la commission du Sénat, la chute programmée de 80 ETP (équivalent temps plein) pour l’année à venir.

Déséquilibre entre enseignements privé et public…

Alors que le projet de loi de finances prévoit un budget de 790,55 millions d’euros (+0,9 % par rapport à l’an dernier) pour la mise en œuvre de l’enseignement dans les établissements publics contre 590,39 millions d’euros pour le privé (soit – 1,1 % par rapport à l’an dernier), le Cneap alerte sur la méconnaissance de l’enseignement privé : « Il est question d’abonder le programme 143 pour l’enseignement public alors que l’enseignement agricole privé est largement majoritaire (62 %). »

… et l’éducation nationale

Le Cneap s’interroge aussi sur une possible injustice vis-à-vis de l’enseignement professionnel de l’Éducation nationale : « réduire les moyens budgétaires de l’enseignement agricole n’a plus lieu d’être puisqu’il n’est pas le plus cher et le taux de chômage dans l’enseignement agricole est beaucoup plus faible. »

Selon l’organisation, le coût unitaire de formation par élève dans l’enseignement agricole coûterait entre 7 650 € et 9 970 € contre 12 730 € dans l’enseignement professionnel de l’Éducation nationale.

« Il y a une sorte d’aveuglement de la Direction du budget à Bercy qui oublie que l’enseignement agricole permet aux jeunes de se former, avec 90 % de chance de trouver un emploi 6 mois après l’obtention de leur diplôme », complète Philippe Poussin.

Le projet de loi de finances pour 2021 est actuellement en lecture au Sénat.

Alessandra Gambarini