En visite dans le Puy-de-Dôme, ce vendredi 23 avril 2021, Jean Castex a annoncé l’entrée en vigueur, au 1er novembre 2021, de la revalorisation des retraites agricoles de 75 à 85 % du Smic net, soit 1 046 euros par mois (pour une carrière complète de chef d’exploitation).

Pour l’occasion, le Premier ministre s’est rendu dans une exploitation agricole et a rencontré un agriculteur retraité. Il était accompagné du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, et du secrétaire d’Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski.

Cette mesure dite « loi Chassaigne » avait été votée à l’unanimité par le Parlement en juin 2020 et devait être mise en œuvre le 1er janvier 2022 « au plus tard », pour les futurs mais aussi actuels retraités agricoles.

Versement au début de décembre 2021 sur les comptes

Les retraités espéraient l’entrée en vigueur de la revalorisation dès le 1er janvier 2021, d’autant plus que la MSA avait affirmé être en mesure de le faire, puis le 1er septembre après une déclaration du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie.

Ce sera finalement le 1er novembre. Ce coup de pouce d’une centaine d’euros par mois en moyenne va bénéficier à 227 000 retraités agricoles (sur un total de 1,2 million). Ils pourront se rendre compte de cette hausse au début de décembre, au moment du versement de leur pension de novembre sur leur compte bancaire.

Pas d’augmentation des cotisations des actifs

Au total, la mesure coûtera 280 millions d’euros chaque année et sera prise en charge par la solidarité nationale. Selon Matignon, il n’y aura pas d’augmentation des cotisations des actifs agricoles pour la financer. Ce sera de la fiscalité transférée au régime agricole qui permettra de compenser le coût de la mesure. Le dispositif sera précisé lors des lois de finances de l’automne.

Les femmes toujours dans l’attente

Les nouvelles mesures ne prennent pas en compte les conjoints et les aides familiaux, pourtant parmi les plus faibles pensions du pays. Le gouvernement a « bien en tête » la question de leur retraite et « leur situation de précarité », dit-on à Matignon.

Leur sort doit être examiné dans le cadre de la mission sur les petites pensions confiée aux députés Lionel Causse (LREM) et Nicolas Turquois (Modem), dont la remise des conclusions est sans cesse reportée.

Trois propositions de loi sont également à l’étude pour les retraites des femmes. Elles sont portées respectivement par le député communiste André Chassaigne, la députée Jacqueline Dubois (LREM) et la sénatrice Nadia Sollogoub (Union centriste).

Aurore Cœuru