Le Modef s’inquiète de la situation de crise alimentaire qui commence à toucher certains pays dont la France. Selon le syndicat, une crise alimentaire majeure se profile, explique-t-il dans un communiqué de presse diffusé le 8 juin 2022.

Une autonomie alimentaire fragilisée

« La situation est déjà catastrophique dans certains pays comme l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie. La situation s’étend par ailleurs vers l’Afrique de l’Ouest, signale le Modef. La France commence à être touchée par des pénuries comme l’huile de tournesol. En France, 8 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire. »

Selon le syndicat, l’autonomie alimentaire du pays est « très fragilisée », à l’heure où la France importe 20 % de sa consommation alimentaire. La dépendance aux importations de la France atteint même plus de 50 % pour certaines productions agricoles comme les fruits et légumes. Ainsi, « moins d’un fruit sur trois consommés est d’origine française » et « environ 40 % des protéines végétales consommées en France sont importées », précise le Modef.

Par ailleurs, « entre un tiers et 40 % de la consommation française de volaille est importée, contre 13 % en 2000 », « plus de la moitié de la viande bovine vendue en restauration collective est importée » et « 56 % de la viande ovine consommée est importée en provenance des pays anglo-saxons », d’après les chiffres du syndicat.

Des revendications pour garantir la souveraineté alimentaire

En conséquence, le Modef a rappelé au ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, le 30 mai 2022, que « la souveraineté alimentaire doit devenir un principe universel de base des politiques agricoles de chaque nation ou groupe d’État afin de garantir aux peuples une alimentation saine et de qualité, et aux paysans, une juste rémunération de leur travail ».

Pour garantir la souveraineté alimentaire du pays, il revendique donc :

  • La mise en place d’un prix minimum garanti par l’État afin de rémunérer le travail des paysans,
  • Le blocage du GNR à un euro,
  • L’encadrement des marges de la grande distribution par le biais du coefficient multiplicateur,
  • Une consommation à 100 % des produits français dans la restauration collective,
  • Développer la production de fruits et légumes sur notre territoire,
  • Redévelopper la production de volailles de qualité et maintenir l’élevage français,
  • Une politique de soutien aux protéagineux pour nourrir nos élevages,
  • L’interdiction des importations ne respectant pas les normes françaises,
  • La création d’un véritable fonds d’alimentation qui pourrait s’appuyer à la reconstitution de vrais stocks alimentaires à la hauteur des besoins au niveau communautaire,
  • Le blocage des prix sur toute la chaîne de production pour une période de six mois.

En outre, le syndicat demande « un soutien financier pour l’agriculture familiale dont la croissance s’est révélée deux à quatre fois plus efficace pour réduire la faim et la pauvreté ».

Laurine Mongenier