« Les exploitants interrogés ont montré une volonté d’investissement extrêmement forte », remarque Alain Tourdjman, directeur des études économiques du groupe Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE), lors de la présentation de leur observatoire du marché de l’agriculture, le 12 juin 2019.

La banque a réalisé, en janvier 2019 avec l’institut BVA, une étude sur un échantillon de

1 381 chefs d’exploitations de moyenne et grande taille économique (selon la définition d’Agreste).

71 % des agriculteurs envisagent au moins un investissement dans les deux prochaines années. Dans 53 % des cas, ils souhaitent remplacer un ancien matériel, 34 % l’achat d’un nouvel outil et 31 % l’extension ou la modernisation d’un bâtiment. 26 % des exploitants prévoient l’achat ou la reprise en fermage de foncier.

En moyenne, les chefs d’exploitation interrogés prévoient de réaliser plus de deux nouveaux investissements dans les deux ans.

« Les principales préoccupations des exploitants agricoles pour les deux prochaines années ont trait à des sujets d’ordre personnel tels que la santé et la retraite. Les sujets d’ordre professionnel, tels que la cession-transmission, la trésorerie, les investissements arrivent au second plan », détaille l’expert.

Alain Tourdjman alerte : « La retraite a l’air d’être un sujet de préoccupation fort des exploitants, sans doute révélateur d’un manque d’anticipation, mais aussi de la faible visibilité des exploitants en la matière. » Il souligne que la relation au capital a changé et que les difficultés à vendre les outils de production ont certainement modifié la donne.

Se diversifier pour stabiliser l’activité

Alain Tourdjman souligne que « la diversification semble être un élément de stabilisation de l’activité des exploitations agricoles. Elle permet d’amortir les chocs et de se désensibiliser par rapport à la conjoncture ». En effet, selon l’observatoire, les exploitations qui sont diversifiées ont une vision plus optimiste de leur avenir.

42 % des exploitations de l’échantillon ont une autre activité en lien avec l’agriculture ou une activité non agricole et 18 % envisagent de mettre en place une autre activité dans les cinq ans.

Les exploitations plus grandes (chiffre d’affaires > 100 000 €) se tournent davantage vers la production d’énergie (13 %). La vente directe concerne 22 % des exploitations dont près de la moitié des producteurs de fruits et légumes. 13 % ont un second métier. Alors que l’agrotourisme ne concerne que 5 % des exploitations.

Marie Salset