GreenUnivers a publié le 28 avril 2021 son cinquième baromètre du financement participatif des énergies renouvelables en France. Réalisé en partenariat avec Finance Participative France, le document révèle une croissance soutenue pour le secteur.

Depuis la première édition de ce baromètre en 2016, la hausse est de 827 % sur cinq ans, passant de 11 à 102,4 millions d’euros. Cette somme se répartit entre les financements directs de projets qui représentent 77 millions d’euros, et les financements d’entreprises de la transition énergétique à hauteur de 25 millions d’euros.

Le biogaz et le solaire aux premières places

Le tableau des investissements directs est largement dominé par la filière du photovoltaïque avec 83 % des montants levés pour 161 projets. La répartition est équitable entre les infrastructures en toiture et le solaire au sol.

Le biogaz est passé devant l’éolien en 2020, en deuxième position, avec 6,5 % des investissements dans des projets. Un montant de 5 millions d’euros a ainsi contribué au financement de quatre unités de méthanisation.

Cela peut s’expliquer par la très forte croissance de la filière, mais aussi par le rôle clé que joue le financement participatif dans la communication et l’acceptabilité des projets.

L’éolien en chute libre

L’éolien est la seule filière en recul. Ses contributions directes ont dégringolé de 75 %. Plusieurs raisons sont évoquées par GreenUnivers, à commencer par les lourds retards pris en raison des mesures sanitaires.

D’une part, la mise à l’arrêt de nombreux chantiers a pénalisé l’ensemble du secteur. D’autre part, des enquêtes publiques, et donc des collectes de fonds ont été reportées.

Des placements rentables

Si l’engouement des citoyens pour la transition énergétique contribue sans aucun doute à la très forte croissance du crowdfunding en la matière, d’autres raisons peuvent l’expliquer, à commencer par la rentabilité de ces placements. Considérés comme peu risqués par les investisseurs, ces investissements rapportent nettement plus que l’épargne bancaire classique.

À cela s’ajoute une forte augmentation de l’épargne des Français en 2020, les mesures sanitaires ayant diminué la consommation des ménages.

Enfin, les appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) voient leurs règles évoluer. Les nouveaux cahiers des charges des appels d’offres accordent des points bonus pour les projets présentant une part de financement participatif.

Gildas Baron