« Permettre aux paysans de vendre à un prix qui permette de vivre dignement », tel est l’objectif voulu par Emmanuel Macron pour ses États généraux de l’alimentation. Quitte pour cela à « rouvrir nombre de relations commerciales », des « évidences du droit européen », voire « certaines dispositions législatives qui depuis plusieurs années ont conduit des filières à beaucoup souffrir », a-t-il affirmé lors de son déplacement présidentiel au lycée agricole de Limoges-Les Vaseix, en Haute-Vienne, le 9 juin 2017.

Ouverture dès juillet

Plus précisément, « nous allons inciter les producteurs à se regrouper dans des organisations de bonne taille, ce qui ne veut pas dire perdre son identité ou perdre son capital, mais vendre ensemble, pour vendre à bon prix », a précisé le président de la République. Le but étant de trouver, « filière par filière », la meilleure organisation possible pour assurer « un vrai partage » de la valeur ajoutée.

Et de pointer à la fois « la responsabilité du monde agricole de continuer à se réformer », celle des distributeurs d’accompagner cette transformation « et donc d’arrêter la préférence absolue pour le prix le plus bas et le court terme », mais aussi « la responsabilité des consommateurs qui vivent dans une schizophrénie coupable ».

Sur le calendrier : « ces négociations, cette transformation commencera dès juillet pour qu’avant le début de l’automne nous ayons une pleine visibilité », a-t-il confirmé.

« Ne pas bouleverser tout le paysage productif français »

Ces États généraux annonceraient-ils par ailleurs « un changement de modèle agricole », comme certaines ONG le souhaitent ? Un modèle « sans pesticide », comme le souhaite Nicolas Hulot, nouveau ministre de la Transition écologique ? Emmanuel Macron évoque uniquement à ce sujet « la transformation d’un modèle productif et de consommation ». Sans préciser le degré de transformation voulu.


Discours d'Emmanuel Macron au Lycée des Vaseix... par elysee

« Il y aura toujours plusieurs modèles qui cohabiteront, a-t-il à nouveau soutenu : une agriculture intensive, une agriculture des appellations contrôlées, l’agroécologie, l’exploitation de taille moyenne qui cherche la qualité et la différenciation… Il ne faut pas chercher à avoir un seul modèle et à bouleverser tout le paysage productif français, mais il y a des modèles qui sont perdus d’avance. Si on garde une agriculture intensive qui n’arrive pas à exporter et qui en même temps ne va pas vers la qualité, elle n’a pas d’avenir […]. Je me refuse à enfermer notre modèle productif dans un dogme ou une idéologie. Et donc il va falloir former différemment, transformer certaines filières et accompagner ces changements ».

D’où son plan d’investissement agricole de 5 milliards d’euros, prévu pour « moderniser les exploitations et développer les circuits courts » au moyen d’appels à projets. Là encore, des précisions sont attendues.

Alain Cardinaux