À la demande de FranceAgriMer, l’Institut de l’élevage (Idele) a sondé 107 éleveurs de veaux de boucherie sur leurs pratiques relatives aux médecines complémentaires et alternatives (MCA). Ces producteurs, suivis par 46 techniciens et 19 vétérinaires, sont pour la plupart installés dans le Grand Ouest (Régions Bretagne et Pays de la Loire), premier bassin de production français.

Au sein de ce panel jugé « représentatif de la production de veaux de boucherie française », 60 producteurs ont déclaré utiliser des médecines complémentaires et alternatives dans leurs élevages. « C’est donc plus d’un éleveur sur deux qui serait utilisateur, dévoile l’Idele dans son étude. C’est également ce qu’estiment 61 % des techniciens et 79 % des vétérinaires interrogés. »

En préventif comme en curatif, ces médecines alternatives pourraient « conduire à la réduction de l’usage des antibiotiques en élevage, au même titre que la prévention des maladies, la vaccination et le respect des protocoles de soin ».

Pour le soin des troubles digestifs et respiratoires

Dans 80 % des cas, les éleveurs sollicités dans l’enquête ont recours aux médecines complémentaires et alternatives pour le soin des pathologies digestives (68 % des cas pour les techniciens et 60 % pour les vétérinaires).

Le soin des troubles respiratoires figure en deuxième place alors que, pour les techniciens et vétérinaires, « ils sont respectivement à l’origine de 75 % et 87 % des traitements des veaux ». Vient en troisième position le soin des troubles généraux ou locomoteurs.

Si la réduction des antibiotiques est la principale motivation à l’utilisation des médecines complémentaires et alternatives, partagée par l’ensemble des acteurs interrogés, ce choix « s’inscrit pour certains éleveurs dans une réflexion plus globale autour du bien-être animal, des enjeux environnementaux et d’une plus grande autonomie dans leur métier », complète l’Idele.

Parmi les freins mentionnés par les professionnels de la filière, « le manque d’informations semble être le premier obstacle à l’utilisation des médecines complémentaires et alternatives en élevage de veaux de boucherie ». Le manque d’accompagnement et l’absence de preuves scientifiques de l’efficacité des médecines complémentaires et alternatives représentent deux autres freins majeurs exprimés par les éleveurs et les techniciens.

Les argiles et les huiles essentielles en première position

Sur l’ensemble des médecines dites « douces », les argiles et les huiles essentielles sont les plus fréquemment utilisées par les éleveurs. « Ce sont également les deux principales médecines complémentaires et alternatives que les techniciens ont déclarées. Pour les vétérinaires, les éleveurs qu’ils suivent utiliseraient principalement des plantes (phytothérapie), majoritairement sous forme d’huiles essentielles (aromathérapie), ainsi que des argiles », rapporte l’enquête.

État des lieux des utilisations en élevage de veaux de boucherie. © Institut de l’élevage

L’Idele, qui a décelé auprès des acteurs interrogés une volonté forte de se former, a d’ores et déjà créé six fiches thématiques sur les médecines complémentaires et alternatives les plus citées, telles que l’argilothérapie, l’homéopathie, les probiotiques et les prébiotiques.

Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Marché à l’équilibre

Bien que les ventes ne soient pas très dynamiques dans le secteur aval, les disponibilités globalement modestes assurent l’équilibre en races à viande. Du côté des réformes laitières, aucun changement tarifaire n’est à noter. En jeunes bovins, le commerce reste très fluide compte tenu d’une offre toujours déficitaire sur le marché européen.