Le coronavirus a été signalé dans les élevages de visons d’Amérique de plusieurs États membres de l’Union européenne. L’apparition d’un variant au Danemark a même conduit les autorités locales à prendre des mesures draconiennes contre ces élevages dont les animaux sont destinés au marché de la fourrure. Ce variant faisait planer une menace sur l’efficacité du vaccin contre le Covid-19.

D’abord dans le nord de l’Europe

Faisant suite à ces signalements, « des dispositifs spécifiques de surveillance ont été mis en place et les mesures de biosécurité ont été renforcées dans l’ensemble des élevages de visons en France dès le mois de mai, assure le ministère de l’Agriculture dans un communiqué diffusé ce dimanche 22 novembre 2020. Dans le même temps, les services du ministère de la Santé ont été alertés. »

La France compte quatre élevages de visons qui font l’objet d’analyses dans le cadre d’un programme scientifique conduit par l’Anses, l’Agence française de sécurité sanitaire. Ces analyses visent à définir le statut sanitaire de ces élevages vis-à-vis du virus SARS-COV-2. Ce sont ces analyses qui ont révélé la présence du Covid-19 dans un élevage situé dans l’Eure-et-Loir.

Trois élevages sous surveillance

Selon le ministère, les analyses démontrent qu’un autre élevage est indemne. « Des analyses sont encore en cours dans les deux derniers élevages et les résultats sont attendus dans le courant de la semaine, précise-t-il. Si des résultats s’avéraient positifs dans l’un de ces deux élevages, les mêmes mesures d’abattage que dans le premier élevage concerné seraient appliquées. »

Les éleveurs des quatre élevages ont également été soumis à un test de dépistage, tests qui se sont tous révélés négatifs. « Une surveillance renforcée a été mise en place pour quatre personnes en lien avec l’élevage contaminé et de nouvelles analyses sont en cours. L’analyse de séquençage du virus sera connue d’ici à la fin de la semaine et doit permettre d’exclure toute contamination par le variant SARS-COV-2. »

Gestes barrières

Le ministère de l’Agriculture assure que « la surveillance et les mesures de biosécurité renforcées sont maintenues dans les trois autres élevages ». Il insiste sur « l’importance des gestes barrières pour lutter contre la propagation du Covid-19 : il s’agit de protéger les visons d’une éventuelle contamination à partir du personnel des élevages, mais aussi, par précaution, d’éviter les contacts entre des animaux infectés et le personnel des élevages. »

Dans un communiqué diffusé le 22 novembre 2020, la filière française de la fourrure dit qu’elle « collaborera en toute transparence afin de garantir les meilleures conditions sanitaires pour les élevages et leur environnement. Elle rappelle que les autorités sanitaires internationales ont établi le risque pour l’Homme lié au Covid-19 dans un élevage de visons à un niveau très bas. Aucune autorité sanitaire ne recommande l’abattage de cheptels sains par précaution. »

Éric Roussel