La Commission européenne a revu sa copie concernant l’interdiction de l’utilisation de protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des monogastriques. Compte tenu de la rareté des cas d’encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), notamment bovines (ESB), « il convient de réautoriser l’utilisation de PAT d’origine porcine dans les aliments pour volailles et de PAT d’origine avicole dans l’alimentation des porcins », estime l’institution dans un règlement publié au Journal officiel de l’Union européenne le 18 août 2021.

Interdites pour l’alimentation des animaux d’élevage en 2001 suite à la crise de la vache folle, des farines animales nouvelle génération pourront faire leur retour dans les auges courant septembre 2021. Les PAT issues des ruminants ne sont pas concernées. Celles dérivées d’insectes font en revanche leur entrée dans le monde de la nutrition animale, et pourront être distribuées dans les élevages porcins, avicoles, aquacoles et d’animaux à fourrure.

Renforcer l’autonomie protéique de l’Europe

Cette décision, basée sur l’avis scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), vise à « réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis des pays tiers pour son approvisionnement en protéines » dans la lignée de sa stratégie « Farm to Fork. »

« Les PAT constituent une excellente matière première pour l’alimentation des animaux, avec une forte concentration de nutriments hautement digestibles tels que des acides aminés et du phosphore, et une teneur élevée en vitamines », justifie le texte réglementaire.

Éviter une nouvelle crise sanitaire

« Des conditions strictes devraient s’appliquer lors de la collecte, du transport et de la transformation de ces produits, et des échantillons devraient être régulièrement prélevés et analysés afin d’éviter tout risque et de contribuer à la vérification de l’absence de contamination croisée par des protéines de ruminants interdites et de recyclage intraspécifique », souligne la Commission européenne.

Alexandra Courty