Parti en dernier dans la campagne à l’élection présidentielle en annonçant sa candidature le 3 mars 2022 dans la presse, Emmanuel Macron avait déjà donné des indices sur son futur programme, y compris pour le secteur agricole.

Lors de l’inauguration du Salon international de l’agriculture, le 26 février 2022, il a promis le vote d’une loi d’orientation et d’avenir agricole pour assurer le renouvellement des générations, la formation et l’installation des jeunes agriculteurs.

Un volet « foncier » est aussi prévu alors que la grande loi foncière qui avait été promise pour l’actuel quinquennat n’a pu voir le jour.

L’objectif de 20 000 installations par an

« Pour les années à venir », le président de la République se fixe l’objectif d’atteindre 20 000 installations par an. Un défi de taille alors que 12 500 installations ont été enregistrées en 2020, un chiffre en baisse de 6,7 % par rapport à 2019, alors que près de 60 % des exploitants ont plus de 50 ans.

Ces jeunes auront notamment la tâche de concourir à « la troisième révolution agricole » défendue par le candidat. Ce dernier annonce un investissement massif dans la robotique, le numérique et la sélection variétale.

Pour faciliter la transmission des entreprises, il promet aucun impôt sur les successions jusqu’à 150 000 € par enfant et jusqu’à 100 000 € transmis aux autres membres de la famille (petits-enfants, neveux et nièces notamment).

« L’Europe ne peut se permettre de produire moins »

À l’échelle européenne, Emmanuel Macron souhaite intensifier le plan protéines annoncé en septembre 2020 en France. Il veut également adapter la stratégie « Farm to fork » qui aurait pour conséquence, selon lui, de diminuer de 13 % la production agricole. « En aucun cas, l’Europe ne peut se permettre de produire moins », a-t-il estimé le 17 mars 2022 lors d’une conférence de presse pour présenter son programme.

Concernant les produits phytosanitaires, son leitmotiv reste qu’aucune interdiction ne doit avoir lieu sans alternative, selon son entourage. Sa conseillère sur les questions agricoles, Catherine Chapalain l’a confirmé lors d’une conférence de La Maison de la Bio et Biocoop. Elle y a d’ailleurs fait part de l’opposition de La République en marche à la création d’une « taxe pesticides » proposée par La Maison de la Bio sur le modèle de la taxe carbone pour les industriels.

Une réforme des retraites dès l’été

S’il est réélu pour un second et dernier mandat comme l’autorise le droit constitutionnel, Emmanuel Macron promet qu’il lancera une réforme des retraites dès l’été 2022 avec deux mesures phares :

  • Le relèvement progressif de l’âge légal de départ à 65 ans ;
  • L’augmentation de la pension minimale à taux plein à 1 100 € par mois.

Le candidat propose aussi un cumul emploi retraite « plus simple et plus avantageux pour ceux qui souhaitent travailler plus longtemps et effectuer une transition souple vers la retraite ».

Sur le plan fiscal, Emmanuel Macron propose dans son programme de réduire « les impôts de production » de l’industrie, mais aussi de l’agriculture.

Alexis Marcotte et Alessandra Gambarini
Macron par marie-astrid