Dans le cadre du projet de loi « climat », la FNSEA et JA appellent, dans un communiqué du 23 mars 2021, à la mobilisation des parlementaires pour supprimer la création d’une redevance française sur les engrais azotés.

Les arguments que les syndicats ont avancés pour demander la suppression de cet article n’ont pas trouvé écho auprès de la rapporteuse et des parlementaires de la Commission spéciale qui ont jugé que la disposition votée permettait de « dresser le chemin à parcourir pour réduire la « surutilisation » des engrais minéraux en France ».

> À lire aussi : Projet de loi « climat », des députés veulent réduire l’usage des engrais azotés (22/03/2021)

Gestion de la fertilisation améliorée

« Ces propos ignorent les évolutions des pratiques des agriculteurs : peut-on vraiment parler de “surfertilisation” des cultures quand on sait que les livraisons en azote ont diminué de 20 % depuis 1990 alors que les rendements en céréales ont augmenté de 30 % dans le même temps ? »

« Les travaux réalisés par les acteurs de la recherche publique et privée ont permis d’améliorer considérablement la gestion de la fertilisation sur les dernières décennies (méthode du bilan, outils d’aide à la décision, sélection variétale, etc.). En parallèle, les pratiques d’épandage limitant les émissions se sont développées », complète la FNSEA et JA.

« Le projet de loi, en prévoyant la mise en place de cette taxe, balaye l’ensemble des efforts accomplis par la profession agricole », jugent donc les deux syndicats, pour qui il risque de renforcer la distorsion de concurrence avec les autres pays.

Gisement insuffisant de matières fertilisantes organiques

« Enfin, cette taxation stigmatise le recours aux engrais minéraux sans offrir de solutions alternatives », estiment-ils. La FNSEA et JA rappellent que, selon l’étude « Prospectives Mafor » (2020) menée sous l’égide du ministère de l’Agriculture, « le gisement en matières fertilisantes d’origine organique ne permettra pas de couvrir l‘ensemble des besoins, et ce même en adoptant une stratégie de « sobriété » en azote. »

Céline Fricotté