Le ministère de l’Agriculture a confirmé le 3 novembre 2020 à La France Agricole « débloquer rapidement » une aide de 4 millions d’euros « pour aider les producteurs de pommes de terre qui ont dû réorienter leur stock vers la méthanisation ou l’alimentation animale, perdant ainsi de la valeur. » Durement touchée par le premier confinement en raison de la perte de débouchés liée à la fermeture de restauration hors foyer, la filière de la pomme de terre se voyait promettre le 11 juin une aide de 10 millions d’euros.

Un premier volet d’aide

L’enveloppe de 10 millions d’euros était « prévisionnelle », détaille le ministère. « Il fallait ensuite instrumentaliser juridiquement et opérationnellement les dispositifs. Le choix a été fait d’une aide aux producteurs qui rentre dans le cadre communautaire, et qui sera complétée par des aides à l’investissement, par exemple dans des bâtiments de stockage pour une meilleure résilience, via le plan de relance ou un autre dispositif. »

Aucun montant au-delà de ces 4 millions d’euros n’est pour le moment confirmé. Leur versement sera géré par FranceAgriMer. Quant à « l’aide exceptionnelle à l’investissement, en dehors des pertes liées aux dégagements, c’est une manière d’utiliser des crédits et soulager les trésoreries des industriels ou coopératives », souligne le ministère.

Un montant insuffisant

Le 30 octobre, l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) manifestait son impatience dans un communiqué. « Les producteurs qui ont mis en œuvre des dégagements vers les débouchés alternatifs et les industriels qui ont assumé leur responsabilité en respectant les contrats des producteurs dans un contexte de demande en crise restent plus que jamais dans l’attente de la concrétisation urgente des engagements de l’État », affirme l’association. Selon elle, ce montant reste insuffisant.

Une campagne qui s’annonce difficile

La filière craint déjà une campagne de 2020-2021, « pire que l’an passé, compte-tenu du reconfinement et du nouvel arrêt du secteur de la restauration ». « Crise Covid-19 et mesures sanitaires déployées à l’échelle de la planète, demande en produits transformés à base de pommes de terre en crise durable, coûts de production et de stockage en hausse, échanges internationaux limités, etc., tout semble réuni pour que les moyens sollicités en 2020, ne soient qu’une goutte d’eau par rapport à ceux nécessaires en 2021 pour la filière de la pomme de terre ! » prévient l’UNPT.

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Justine Papin