Dans un communiqué de presse diffusé le 15 avril 2021, Stop Ambroisie et Réseau Biodiversité pour les Abeilles soulignent l’insuffisance des mesures prises pour lutter contre l’ambroisie et une action gouvernementale non adaptée.

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C’est pour ces deux raisons que les deux associations « demandent la nomination d’un délégué interministériel aux espèces invasives afin de coordonner plus efficacement les actions des ministères concernés ».

Cette demande fait suite à une réponse qui avait été apportée par le professeur Salomon, directeur général de la santé, aux deux associations : une réponse jugée « incomplète » qui ne prend pas en compte les enjeux pour l’agriculture et la biodiversité.

Un référent national pour gagner en efficacité

Par la nomination d’un délégué interministériel, « la lutte à l’échelle nationale sera clarifiée, plus effective et incitera davantage les acteurs locaux à s’engager en ce sens. Les acteurs du terrain comme les agriculteurs, les apiculteurs, les communes ou les EPCI (1) auront plus de visibilité et pourront plus facilement se positionner localement », indique le communiqué.

Cette initiative contribuerait également à faire valoir les différentes revendications des deux associations, notamment celle d’inscrire l’ambroisie parmi les organismes nuisibles à l’agriculture, ce qui ouvrirait la voie aux indemnisations pour les agriculteurs.

Des enjeux multiples

Fortement allergisante, l’ambroisie coûte chaque année à la France entre 59 et 186 millions d’euros selon l’Anses (2). Mais cela ne doit pas faire oublier les enjeux pour la biodiversité : en effet, les espèces exotiques envahissantes (dont fait partie l’ambroisie) « sont considérées comme étant la deuxième cause de perte de biodiversité dans le monde après la disparition des habitats naturels », indiquent les deux associations.

L’impact est également non négligeable en agriculture et en apiculture, notamment vis-à-vis du tournesol, qui est aussi une culture attractive pour les abeilles. Sa progression en France provoque de vives inquiétudes au sein des filières concernées pour l’avenir : déjà, une parcelle agricole sur trois est actuellement touchée par de l’ambroisie selon les deux associations.

Charlotte Salmon

(1) EPCI : établissement public de coopération intercommunale.

(2) Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.