Dans un communiqué paru le 21 octobre 2020, l’association Stop Ambroisie (regroupant des personnes allergiques) et le Réseau Biodiversité pour les abeilles (RBA) demandent au gouvernement des « mesures immédiates pour contenir les conséquences sanitaires, environnementales et économiques de la prolifération de l’ambroisie désormais présente dans toutes les régions métropolitaines ».

Un premier courrier sans réponse

Les patients victimes de cette espèce invasive allergène et les professionnels regrettent que leur courrier envoyé cet été au Premier ministre soit « resté sans réponse » et s’alarment donc de sa « progression inexorable ».

Outre les problèmes de santé publique, l’ambroisie peut avoir des impacts économiques et environnementaux. « Rien que dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, près de 10 % de la population a consommé des soins en lien au pollen d’ambroisie pour un coût global de 40,6 millions d’euros, chiffrent les deux organisations. Si l’ensemble de la France était aussi touché, il y aurait 5,3 millions de personnes allergiques et 326 millions d’euros de dépenses de santé annuelles. L’asthme provoqué par l’ambroisie fait partie des facteurs aggravants pour les personnes atteintes par la Covid-19. »

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Casse-tête agronomique

L’espèce invasive est devenue aussi un « casse-tête agronomique et une ennemie de la biodiversité », jugent Stop Ambroisie et le RBA. Or « en raison de ses caractéristiques biologiques, l’ambroisie gagne du terrain et se développe particulièrement dans les parcelles de tournesols. »

Or l’oléagineux est « un garde-manger précieux pour les abeilles qui en font leur miel. Si des innovations variétales permettant un traitement [herbicide] en postlevée (VRTH) ont fait la preuve de leur efficacité depuis plusieurs années, une menace administrative pèse sur la tête des agriculteurs », alertent-ils.

« Il y a le risque demain que les agriculteurs soient obligés de déclarer les parcelles de tournesols VRTH », développe Philippe Lecompte, apiculteur professionnel bio et président du Réseau Biodiversité pour les abeilles. Une obligation administrative qui risque, selon lui, de détourner les agriculteurs du tournesol.

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« Conséquence directe : les abeilles vont se retrouver privées d’une ressource alimentaire indispensable au développement des colonies et à la production de miel. Concrètement, ce serait une catastrophe économique pour le secteur apicole déjà durement éprouvé ces dernières années », estime Philippe Lecompte, qui demande un « accès durable aux agriculteurs des solutions techniques existantes ».

Volonté politique nécessaire

« Tout est encore possible. Seules les batailles non menées sont certaines d’être perdue. Il faut arrêter de tourner autour du pot et faire preuve d’une véritable volonté politique », estime Philippe de Goustine, président de Stop Ambroisie pour qui des solutions existent : « Mieux sensibiliser le grand public, donner des moyens techniques supplémentaires aux agriculteurs et gestionnaires d’espaces publics, mieux coordonner l’action des collectivités et former les référents en ambroisie… »

« Compte tenu de l’aggravation de la situation et de l’inquiétude qu’elle génère chez les patients, les agriculteurs, les apiculteurs, les collectivités… Stop Ambroisie et le Réseau Biodiversité pour les Abeilles attendent une réaction sans délai du Premier ministre et de son gouvernement », conclut le communiqué.

Isabelle Escoffier
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